Cet infini qui traverse la ville….

« L’histoire d’un ruisseau, même de celui qui naît et se perd dans la mousse, est l’histoire de l’infini. » Et celui-ci, devenu grand, fleuve ou rivière, est maintenant une sorte d’onde longitudinale qui traverse la ville : un hors-monde et un hors-temps. Des ponts enjambent cette sinuosité et oublient vite cet inutile obstacle : paradis invisible auquel certains des occupants de la ville, désormais tout autant sourds qu’aveugles, ne sont plus sensibles. Ses berges aménagées n’accueillent plus que des promeneurs égarés ou des amoureux souhaitant s’extraire de l’agitation urbaine ou encore, des joggers pressés croisant quelques exclus, avec leurs tentes bariolées, à l’écart du grand Marché de la consommation. Les péniches avec leurs mariniers sont loin, vers la Volga ou je ne sais où. L’ancien port est à l’abandon, sans marchandises : devenu friche. Je pense à un lieu précis mais il y a plusieurs endroits ainsi. Le fleuve, la rivière, le ruisseau sont pourtant objets de toutes les métamorphoses et de toutes les rêveries. La ville et ses habitants négligent de plus en plus ce canal sanguin : vital. Pourtant, l’infini s’égrène le long de ses berges, au fil de l’eau, dans chaque plante, dans chaque cellule vivante. Il ne tient qu’à nous de respirer de nouveau ce souffle. Pour le moment, quelques canards vivent là, tranquilles et inconscients. Consolation du poète qui voit son reflet dans ce miroir mouvant. Les nuages, eux aussi,  s’y posent un instant pour égayer le regard de cet antique flâneur, avant de poursuivre leurs "inutiles" mais si nécessaires périples autour du monde. Cette impression permanente que l’homme n’a plus besoin de la nature, sa mère. « Faibles comme nous le sommes, nous tâchons de mesurer la nature à notre taille. » Et comme disait un certain escholier de jadis : « mourrons de soif auprès de la fontaine. »

Silence

Faire signe : journal quotidien jubilatoire en 200 mots ou quelques… : 132

Entre guillemet, phrases d’Histoire d’un ruisseau d’Elysée Reclus ? – Infolio, 2010. Sauf la dernière d’un certain : François Villon.
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