#365 JOURS (JOURNAL POÉTIQUE, An 3 – août 2019)

Habiter poétiquement le monde ? Chaque jour… Un paragraphe. Écrire – retenir, noter – un instant quotidien, une pensée, une action, une lecture, une musique… et publier le mois suivant… Journal topographique extime.

Une photo. – 48 photos du soleil. Prises pendant un an, une fois par semaine, au même endroit et à la même heure. Le point le plus haut est le solstice d’été et le point le plus bas est le solstice d’hiver. Le résultat est le symbole de l’infini.

 

Via le profil FB de Marc GILLOT… incroyable…

 

1 – « […] souterrainement le modèle encyclopédique est délégitimé. […] Les encyclopédies philosophiques ne sont plus de saison, depuis que l’on a cessé de croire au savoir absolu [ voir Bouvard et Pécuchet de Gustave Flaubert], et c’est sans doute la littérature qui a pris la relève du soin d’articuler les saisons et de constituer le réseau de la multiplicité selon le vœu d’Italo Calvino [Voir ses Leçons américaines]. Ce n’est plus cependant un encyclopédisme spéculatif, mais un goût du savoir concret porté par une exigence critique, qui concilie le désir de savoir et de l’inquiétude soupçonneuse.

A l’heure des dernières encyclopédies sur papier, le rêve encyclopédique investit le numérique, dans un basculement technologique qui ne change pas en profondeur les imaginaires : le labyrinthe encyclopédique laisse place aux réseaux, les entrelacs de l’arborescence à la toile et à la navigation sur les mers du savoir a à peine changé d’échelle. La révolution numérique poursuit sur d’autres supports technologiques la même utopie de la connaissance, comme le souligne François Bon [dans Autobiographie des objets] : Internet nous a débarrassé [des atlas, dictionnaires et encyclopédies], et liquidé le mouvement du doigt sur l’épaisseur des pages : voilà où nous marchons, les mains vides, mais avec la tâche d’y refaire le même vieux rêve. (Les Fictions encyclopédiques : de Gustave Flaubert à Pierre Senges / Laurent Demanze. – Corti, 2015. – p.20)

2 – Le mot polymathie : savoir encyclopédique. Italo Calvino considèrent le De rerum natura de Lucrèce, traitant de la réalité physique et Les Métamorphoses d’Ovide, prenant appui sur la mythologie et ses fables, comme des poèmes encyclopédiques.

3 – Légéreté / Rapidité / Exactitude / Visibilité / Multiplicité : titres des six (?) conférences d’Italo Calvino qu’il aurait dû donner entre 1985 et 1986 à l’Université de Harvard. Il dit, écrit qu’elles sont consacrées « à quelques valeurs ou qualités ou spécificités littéraires  » lui tenant à cœur et ont été rassemblées après sa mort sous le titre Leçons américaines : aide-mémoire pour le prochain millénaire. La dernière conférence – consistency (cohérence) -, non écrite, aurait dû traiter du Bartleby de Melville. Extrait de la première, légèreté :  » la pesanteur, l’inertie et l’opacité du monde : qualités qui empoissent immédiatement l’écriture, si l’on ne trouve le moyen de s’en défaire. « 

4 – L’au-revoir aux rêves de jeunesse / prend des années à se réaliser / non pour décréter leurs fins / mais plutôt pour les métamorphoser / en réalités / légères / difficiles à finaliser / sans atteindre un lâcher-prise comme vouloir / Silence. (via @FlusserJ )

  • La sagesse / ce lumineux non-objet de désir / Inquiétudes… / je suis du peuple caché / huldufolf / selon le folklore islandais / on s’habitue à tout / L’enfer / c’est ce choronyme / où les questions n’ont plus de sens / un au-delà de la réalité / Silence.  (via @FlusserJ )

– La Terre / un des satellites du soleil / rien de plus / pour l’être ou l’âtre / à qui nous devons la vie / l’être ou l’âtre / selon votre philosophie / la lumière / est intérieure et extérieure / la photographe le sait / qui manie ses formes / sans vergogne / Silence. (via @FlusserJ )

5 – « Si nous trouvons frappante l’idée d’un monde constitué d’atomes sans poids, c’est parce que nous avons l’expérience du poids des choses ; de même, il nous serait impossible d’admirer la légèreté du langage si nous ne savions admirer aussi le langage qui pèse. » #italocalvino Leçons américaines

6 – Les mots du mois. – Choronyme et Odonyme

choronyme (chor-, du gr. χ ω ́ ρ α «région, pays»). ,,Tout nom de lieu désignant un espace ou quelque forme d’entité géographique qu’elle soit de nature ponctuelle, linéaire ou spatiale«  (Dor.Poir. 1975).
 
odonyme (od-, de (h)odo-*). Choronyme désignant une voie de communication routière, ferroviaire ou autre. Comme les autres choronymes, l’odonyme est composé d’un terme générique et d’un terme spécifique (ex. La Nationale 10) (Dor.Poir. 1975).

7 – Atteindre / l’attente / sans crainte / Nos gesticulations incessantes / d’aujourd’hui / ne signifient pas que nous craignons l’ennui / mais plutôt que nous ne connaissons plus cet état / l’attente /  qui est le premier sas / de la réflexion vers la sagesse / Silence. (via @FlusserJ )

8 – Maxifeste ou minifeste en variantes des manifestes.

9 – Dans le bosquet de cette avenue urbaine / des petites lumières scintillaient / Elles sont revenues / souriais-je / les lucioles/  Je m’approchais  / joyeux / c’étaient de simples éclats de miroirs / qui reflétaient la lumière d’un lampadaire proche / vite je m’éloignais /Silence. (via @FlusserJ )

10 – Lire / c’est lier / Silence. (via @FlusserJ )

11 – Refuser de parvenir, cesser de nuire, dire la dignité du présent, telle est la démonstration du livre : Plutôt couler en beauté que flotter sans grâce de Corinne Morel Darleux, paru chez Libertalia. Ce n’est pas un livre « dans l’air du temps » mais une belle réflexion d’une femme engagée en politique, qui a avalé un certain nombre de couleuvres et développe un propos lucide sans être désespéré. Par exemple : « L’écosocialisme comme cap politique a été délaissé, la démocratie sociale dans l’entreprise n’est plus portée, la lutte des classes comme marqueur de gauche a été écartée alors que la nécessité d’une écologie anticapitaliste et idéologiquement sans ambiguïtés n’a jamais été aussi essentielle face à l’essor de la collapsologie et aux menaces d’effondrement. » Une interview, dans Ballast, permet d’approfondir  : 

Ballast : C’est précisément sous le signe de l’effondrement, de la catastrophe écologique, que s’avance votre livre. Devrait-on concentrer le gros de notre énergie militante sur cette question ou est-ce trop tard ?

CMD : Il n’est jamais trop tard. Même s’il est aujourd’hui certain que le monde tel que nous le connaissons touche à sa fin, on sait aussi que chaque dixième de degré supplémentaire aura des impacts pires que le précédent, et que les plus précaires seront les premiers à en souffrir. Il suffit de regarder ce qui se passe déjà en Inde ou au Mozambique. Selon la Banque Mondiale, c’est 100 millions de personnes supplémentaires qui vont basculer dans la pauvreté pour cause de dérèglements climatiques d’ici 11 ans, et à peu près autant de « migrants climatiques ». En attendant, les multinationales se paient les services de compagnies de sécurité et affrètent des avions blindés de munitions, de nourriture et de gardes armés. Les milliardaires de la Silicon Valley se préparent des bunkers sécurisés, les puissances internationales achètent des terres arables à l’étranger et préparent la guerre de l’eau après avoir envahi des pays pour s’accaparer leurs puits pétroliers… Et on abandonnerait le combat ? Alors que la lutte des classes n’a jamais été aussi aiguisée ? Non. Il y a toujours un dixième de degré à aller sauver, une espèce d’invertébré, un hectare de terre non bétonnée, quelques grammes de dignité. Et une suite à inventer.

12 – « Chaque époque ne rêve pas seulement de la prochaine, mais en rêvant elle s’efforce de s’éveiller. » a écrit Walter Benjamin. Doutes.

13 – Quelle est la forme d’un point ? / carré / rond / fragile / insaisissable / le point est aussi emplacement / : ancre / ou tâche / d’encre / ou refus de fuite / tentative de refuser la digression / de s’abstraire de la mort / silence.

14 – Il faudrait pouvoir se libérer de tous ces imaginaires toxiques qui nous empêchent d’avancer – de réfléchir – et qui ont tant d’impacts dans le mouvement du monde.

15 – « Les tentatives de rendre le capitalisme « vert » ou « écologique » sont condamnées d’avance par la nature même du système , qui est de croître indéfiniment. » (Murray Bookchin)

16 – CQAC. – Les débuts : « Maintenant, Nienne retenait sa respiration. Il entendait du bruit. Était terrorisé. S’il venait à se faire prendre… il n’osait y penser. Mais, il y pensait tout de même. C’était des coups sourds : un martellement régulier. Non, il ne rêvait pas. Le bruit était réel. Était proche. Très proche. Il avait pourtant été prudent dans ses déplacements. Nienne reprit sa respiration. L’espace d’un instant, il n’entendit plus le bruit. Et puis, dans un accès de lucidité, il s’apaisa. Ce qu’il entendait, c’était les battements de son cœur. Il écouta encore, par réflexe. Puis, se tourna vers ce filet d’air frais qu’il suivait depuis son exploration de cette branche du souterrain découverte par hasard. Filet d’air qui n’avait pas le goût de l’air recyclé d’Antépolis, la cité sous la terre. Il avait peur mais il rêvait, espérait que ce vent fluet signifierait la liberté. Ce tunnel abandonné le mènerait-il à l’air libre. D’après les légendes, il existait un ciel, des nuages, un soleil qui éclairait la nature, les animaux et les arbres, les mystérieux arbres ? Il ne savait pas à quoi ressemblait ciel, nuages, soleil, animaux ou arbres. Il ne comprenait pas vraiment ce qu’était le soleil. Il l’imaginait par les légendes entendues ici ou là, par quelques uns de ses amis. Il reprit sa marche. Posant un pied lentement devant l’autre. Il allait moins vite que ce petit vent frais. Au ralenti, écoutant le moindre bruit. Sa concentration était maximale. Le vent devenait plus fort au fur et à mesure qu’il avançait. Il se cogna dans un morceau mou qui dépassait du plafond. Il leva sa lampe tout en se massant le crâne. C’était un morceau de racines qu’il avait pu identifier grâce à son stage d’orientation au laboratoire botanique. Il n’en menait pas large. Et si… et si, il avait enfin trouvé la sortie ? Cela faisait des mois qu’ils cherchaient. Exploraient. Ils ? Nienne et Marcus. Ils prenaient des risques énormes en s’absentant régulièrement de leurs tours de garde. Marcus couvrait Nienne. Nienne couvrait Marcus. Ils avaient fait un serment. Le premier qui trouverait la sortie viendrait chercher l’autre. Heureusement, ils travaillaient à la brigade de surveillance des tunnels. Leurs pères leur avaient transmis la tâche comme il était de coutume à Antépolis. »

17 – La beauté / quintessence de l’esprit critique / indompté / éveil longuement attendu / « Je sais aujourd’hui saluer la beauté » / a écrit le jeune poète ardennais / Silence.(via @FlusserJ )

18 – Consensus ou pas. – Ce matin, je suis passé pour un imbécile / une chercheuse m’interrogeait dans la rue sur le port du casque à vélo / je lui disais que je ne voulais pas en mettre / C’était de ma seule responsabilité / Lui expliquant que c’était pour moi une manière de rester vigilant / Ses yeux ébahis me fixaient / impression de venir d’une autre planète / l’illusion sécuritaire et le principe de précaution fonctionnaient pour tout / ou presque / J’aurai préféré / qu’elle fasse une enquête / sur la dangerosité des centrales nucléaires / Mais je ne lui ai pas dit… / J’ai eu peur de ces yeux fixes / Silence.

19 – « Un classique est un livre qui n’a jamais fini de dire ce qu’il a à dire. » Italo Calvino

20 – Le langage oral ne sera jamais aussi immédiat pour exprimer ce que nous pensons d’un problème que cette perception globale qui vient – parfois – à notre conscience et en un instant, nous montre tous les chemins autour de ce problème. Le fonctionnement du cerveau reste méconnu. Cela ne signifie pas que nous sommes pertinents sur tous ces chemins. Loin de là. En fait, dès que nous commençons à utiliser le langage oral pour dire ce que nous pensons d’un problème, nous ne pouvons être concis car le plus souvent il faudrait dire  » mais je voudrais aussi compléter par… ». Il faut mentionner tous les chemins du problème et montrer l’état de nos cheminements de réflexion et leurs prises en compte. Nous avons rarement le temps de faire ainsi ; l’autre en face, a rarement le temps d’écouter. Nous le faisons certainement très mal, passant pour un raseur, la plupart du temps, aussi parce que non auréolé d’un titre glorieux qui fait autorité d’avance. Ces postures d’autorité sont d’ailleurs une insulte à l’esprit critique de celui qui écoute. Il faut rester modeste : c’est la leçon de Socrate et de son je sais que je ne sais pas. Au final, on comprend que Proust a eu besoin de sept tomes pour décliner son idée initiale. L’écriture, c’est une manière de prendre le temps d’explorer tous les chemins. L’autre, le lecteur, aura ensuite le temps de se faire son idée, s’il le souhaite. Et d’ajouter ses propres cheminements.

21 – Constat. – Malgré la maturité qui permet la construction d’un bien commun de la connaissance comme Wikipédia et la constitution de règles communes qui garantissent un fonctionnement horizontal, les mêmes phénomènes de pouvoir identiques aux associations humaines, subsistent. Le désir d’exister individuellement est toujours plus fort que le bien commun.

22 – Celui qui écrit est écrivain. Non, dit l’autre, celui qui écrit est écrivain s’il publie un livre en papier. Certes. Si le monde était aussi simple… d’autres formes me viennent immédiatement en tête qui ne rendent plus si évident la catégorie de l’écrivain. Peu importe… les esprits changent lentement…

Celui-ci écrit aussi, mais pour vendre ses livres, chaque année, il créé une nouvelle polémique bien trash qui fera vendre. Cela fonctionne. Peu importe, la polémique. Il n’est pas le seul à faire ainsi. Il faudrait ne pas relayer mais le système fonctionne ainsi : il faut démontrer qu’on est un être éthique. En toc, peut-être. Et si on critiquait le livre pour son contenu littéraire ou pas, après l’avoir lu, le livre, bien entendu ? Le reste est du commerce. J’ai encore réagi en contradiction avec ce que je viens de dire. Ne pas parler, se taire. On ne peut pas s’en sortir.

23 – Plus le néant est profond, plus il nous attire. #lesironiques

24 – Les forêts en danger. – Depuis plusieurs jours, les incendies ravageurs qui se produisent dans la forêt amazonienne suscitent l’émoi de l’opinion internationale, consciente que la destruction de ce gigantesque abri de la biodiversité mondiale aura nécessairement un impact sur les équilibres écologiques planétaires et sur la survie de centaines d’espèces, tant animales que végétales. Loin de traduire une inquiétude contemporaine quant aux bouleversements climatiques, cet épisode nous invite à remonter au XVIIIe siècle, époque où commence à se forger une première réflexivité environnementale. Les forêts occupent, déjà, une part importante des réflexions des naturalistes et des autorités gouvernementales. – (La suite sur le blog Echos des lumières).

25 – « Les arbres vendus sur les places de nos villes portent, vers la cime, un tampon des Eaux et Forêts qui en garantit la provenance. La plupart du temps, ils proviennent de cultures spécifiques situées sur des terrains abandonnés que quelques montagnards cultivent pour avoir, tous les huit ou dix ans, un petit supplément à leur maigre revenu. Pour les arbres de Noël, on utilise également les cimes des sapins coupés pour des impératifs de culture. » (Le sapin, in Arbres en liberté = Arboreto salvatico / Mario Rigoni Stern. – La Fosse aux ours, 1998.)

26 – Uncreative writing (suite). – « Peut-être qu’une raison de cette impasse de l’écriture tient à la façon dont on enseigne la création littéraire. Si on compare à toutes ces notions concernant les médias, l’identité ou l’échantillonage développés au siècle dernier, les livre du rayon « comment devenir un écrivain » ont complétement loupé le train, ressassant leurs clichés sur ce que signifie la « création ». On peut toujours pimenter cela de conseils, du genre « un vrai écrivain est un explorateur, un découvreur. La création littéraire vous incite à vous donner vos propres défis, et à vous risquer courageusement là où personne n’est allé ». Mais, à ignorer des géants comme Michel de Certeau, John Cage, Andy Warhol, il s’en tiennent au fait que « la création littéraire est ce qui permet d’échapper aux contraintes de la vie quotidienne ». Marcel Duchamp et le compositeur Erik Satie ont tous deux exprimé le désir de vivre sans accorder d’importance à la mémoire. Pour eux, c’était une manière de se rendre accessibles aux merveilles de l’instant présent. Il semble pourtant que tous les livres sur la création littéraire insistent sur le fait que « la mémoire est la première source de l’expérience de l’imaginaire ». La partie « Exercices » de ces livres me frappe pas leur façon terriblement simpliste qui tend à donner la priorité au théâtral plutôt qu’au banal, dans ce qui fait le socle de notre écriture. » (L’écriture sans écriture : du langage à l’âge numérique / Kenneth Golsmith. – Jean Boîte éditions, 2018). Vous n’avez pas encore lu ce livre majeur ? C’est ici pour le commander.

27 – Uncreative writing (suite). – « L’accusation la plus fréquemment adressée à l’avant-garde est celle d’un élitisme, d’un « à côté de la plaque », s’escrimant laborieusement depuis sa tour d’ivoire, et ne s’adressant qu’à ceux qui y appartiennent eux-mêmes. Et je confirme que bien des travaux « difficiles » faits sous le masque du populisme se sont vus rejetés par leur public visé, comme indéchiffrables, maladroits, hors de propos. Mais l’écriture sans écriture de Robert Fitterman, en produisant clairement et d’emblée ses intentions, nous dit exactement de quoi il s’agit, avant même que nous la lisions – donc pas de possibilité que nous ne puissions pas la comprendre. Mais émerge alors la vraie question : pourquoi ? Et, par cette question, s’ouvre à tous un territoire conceptuel qui nous sépare de l’objet et nous fait entrer dans le domaine de la spéculation. De ce point de vue, nous pourrions alors facilement jeter le livre et nous contenter d’un débat, déplacement auquel souscrit l’écriture sans écriture : le livre comme une plateforme à évacuer pour se glisser dans la pensée. Nous assumons de quitter notre statut de lecteur pour embrasser celui de penseur. En renonçant au fardeau de la lecture – et donc au lectorat -, il devient possible d’imaginer l’écriture sans écriture comme ayant le potentiel d’être une dimension de la littérature susceptible d’être compris par tout un chacun. À en considérer seulement le concept (et ces concepts sont simples) – indépendamment de votre localisation géographique, de votre niveau de revenu et de votre statut social -, vous pouvez développer une telle écriture. C’est ouvert à tous. » (L’écriture sans écriture : du langage à l’âge numérique / Kenneth Golsmith. – Jean Boîte éditions, 2018).

28 – Il est vrai qu’en recopiant un texte via son clavier d’ordinateur – pour suivre les préceptes d’un Kenneth Goldsmith, je comprends mieux et la phrase, et son sens. C’est une autre manière de lire, qui est indexée sur la lenteur ou la rapidité du temps de votre saisie.

29 – Mort de Michel Aumont, l’acteur gentilhomme. Et du peintre Vladimir Veličković qui m’avait tant inspiré quand j’étais aux Beaux-Arts de Reims au début des années 80.

30 – « À quoi peut bien servir un livre sans images ni dialogues ?  » (Saint-Germain-en-Laye / Anne Savelli. – Éditions de l’attente, 2019)

31 – « Il est risqué de garder tel quel ce qui est mal écrit. Un mot jeté au hasard sur le papier peut détruire l’univers. Fais attention et corrige ton texte tant qu’il t’appartient encore, me dis-je souvent, car tout ce que tu as écrit, une fois que tu l’auras livré, creusera son chemin dans des milliers d’esprits, le bon grain noircira, au risque de ronger, d’embraser, de raser toutes les bibliothèques. Une seule solution : écris sans t’en soucier – seul ce qui est nouveau survivra. » (Paterson / W.C. Williams. – José Corti, 2005)

 

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Silence… . ..

CC BY-NC 4.0

Cette œuvre est sous Licence Creative Commons Internationale Attribution-Pas d’Utilisation Commerciale 4.0. Toutes les photos sont miennes sauf indiquées.

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