Vue de la ville, la forêt était obscure… (Fragments d’avant la fin du monde #18)

Vue de la ville, la forêt était obscure. Et plus la ville grandissait, plus Selva s’éloignait. Le fantôme de Gilgamesh planait. Ne resterait bientôt qu’une ligne d’horizon à peine accentuée. L’homme aimait les déserts, les villes et leurs lignes droites, la symétrie comme concept de beau et des beautés froides qu’il avait conçues et qui convenaient à ses désirs de pouvoir. L’homme détestait la profusion du baroque, n’arrivait pas à concevoir la liberté et l’infini, préférait en permanence restreindre son univers dans un moule rigide. L’homme avait le vertige et l’univers était vertigineux. Quand il finit de couper les arbres tout autour de la ville, il fut impossible de retrouver la forêt. La forêt s’était perdue. Les machines avaient remplacé l’homme. Et son corps et son esprit…

Quel fut le premier humain ayant gardé la mémoire du premier jour ? Humain retourné depuis longtemps à l’humus initial. L’humus du temps cache une multitude immense de données inconnues, perdues et irremplaçables. Je lis, relis cette dernière phrase.

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Silence / Fragments d’avant la fin du monde #18

La phrase en italique est extrait de Présence des œuvres perdues de Judith Schlanger.

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