Bribes de lectures (cut-up des derniers jours lus)

 

Nul homme n’est une île. Marcher, sans but véritable, sans obligation, est occasion de poésie. Les distances, c’est du temps, pas des mètres. Le temps n’a qu’une réalité, celle de l’instant. La pratique du photographe est hostile à toute idéologie. Mais, il n’existe pas de photographie naïve, non conceptuelle. Si l’accélération constitue le problème central de notre temps, la résonance peut être la solution. Je suis adepte d’hodologie, de connections entre réseaux de tout type. Et c’est précisément le rôle de la philosophie de révéler aux hommes l’utilité de l’inutile ou, si l’on veut, de leur apprendre à distinguer entre deux sens du mot utile. Utile ? Les mots, c’étaient peut-être autre chose. Qui nous compliquaient la vie. Ou la magnifiaient. Est-ce qu’il y a quelque chose derrière le gris de notre ciel à nous ? Nous aimerions sauver le monde. Nous ne savons pas comment. Donc nous cherchons. Jusqu’à quand les moqueurs se plairont-ils à la moquerie ? Et les insensés haïront-ils le savoir ? L’émancipation par la connaissance est un idéal qui a été défendu par les Lumières et qui a fait partie, autrefois, de ce qu’on appelle les « valeurs républicaines ». Ça ne me suffit pas de survivre. Rien de grand ne se fait sans enracinement. On ne fonde pas une vie sur le néant. On ne peut s’élever au-dessus de ses propres racines que si l’on est enraciné, justement. Ça ne me suffit pas de survivre. Je veux dire : la façon dont on fonctionne… On est en vie, certes, mais à quoi ressemble notre existence ? La qualité d’une vie humaine dépend du rapport au monde, pour peu qu’il permette une résonance. Celle-ci accroît notre puissance d’agir et, en retour, notre aptitude à nous laisser « prendre », toucher et transformer par le monde. Soit l’exact inverse d’une relation instrumentale, réifiante et « muette », à quoi nous soumet la société moderne. La solution n’est pas la décélération. Mais c’est impossible tant que cette connaissance est maintenue secrète. Nos actes d’attention sont des épisodes sensationnels extraits de cette continuité appelée durée. Mais la trame continue, où notre esprit brode des dessins discontinus d’actes, n’est que la construction laborieuse et factice de notre esprit. Rien ne nous autorise à affirmer la durée. Tout en nous en contredit le sens et en ruine la logique. Et d’ailleurs notre instinct est mieux renseigné là-dessus que notre raison. Le sentiment que nous avons du passé est celui d’une négation et d’une destruction. Le crédit que notre esprit accorde à une prétendue durée qui ne serait plus et où il ne serait plus, est un crédit sans provision. Nier a priori toute forme d’enracinement annonce une humanité de pure ressource dont le destin est exactement identique à celui d’un stère de bois : une matière consommable inerte, réduite à son utilité stricte et donc dépourvue de sens. Souvenons-nous : chaque homme est une part de l’océan.

 

Silence.

 

Merci aux auteurs pour le cut-up. Avec les mots de : (et pas forcément dans l’ordre de citation)

Nuccio Ordine, Jacques Roubaud, Vilém Flusser, Silence, Pierre Hadot, La Bible (Proverbes), Karin Tidbeck,  Harmut Rosa, Yann Kerninon, Gérard Noiriel, Franck Bouysse, Gaston Roupnel, Gaston Bachelard.

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