Dés bus #4

b

Je suis encore vivant. C’est le poète qui l’écrit. Je suis encore vivant. C’est vrai c’est lui qui l’écrit. Il a dans son sac plusieurs carnets noirs emplis d’une écriture fine, bien dessinée, et pourtant, acharnée. Chaque page est chaire, chaque page est noire sans blanc ou seulement dans l’œil de chaque lettre. De loin, c’est un gigantesque embrouillamini. Cela ressemble beaucoup à son esprit. Il voudrait sortir de la maison de bois et qu’une vague géante l’emporte loin, vers une île de l’océan Pacifique. Mais il n’y a pas de vagues aussi haute et capable d’un tel exploit. Il aimerait être loutre pour glisser sous l’eau. Il n’est qu’outre. Outre vide. Il lit. Pour se remplir. Les secondes sont des minutes. Les minutes, des heures. Les heures, des jours. Les jours, des années. Les années, des siècles. Le temps passe. Toujours. Imperceptiblement. Il voit un immense soleil rouge rouler sur l’horizon. Et puis, plonger tout entier au bout du monde. Il est encore vivant. C’est bien lui qui écrit, et non le poète manchot. Le ciel étoilé crépite. Une braise s’efface entre deux arbres. Il mélange tout.

Silence.

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