#365 JOURS (JOURNAL POÉTIQUE, An 2 – septembre 2018)

Habiter poétiquement le monde ? Chaque jour… Un paragraphe. Écrire – retenir, noter – un instant quotidien, une pensée, une action, une lecture, une musique… et publier le mois suivant… Journal topographique extime.

Résonance des jours de septembre…

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1 – Ce que je fuis ce n’est pas le foisonnement jubilatoire du web – qui est toujours une porte ouverte, une ode à la curiosité et à l’imagination – mais ce qui fait foule – au même endroit – et dévaste tout. L’ile déserte ne convient qu’à Robinson.

2 – Cité dans les Notules dominicales de culture domestique de Philippe Didion – que l’on reçoit chaque dimanche par mail et sur abonnement gratuit, il suffit de lui demander – : L’Œil ébloui (Georges Perec & Cuchi White, Chêne/Hachette, 1981; n.p., 125 F). A lire

3 – Parmi les débats inutiles de la « presse » « libre » et « rebelle » : L’Europe pourrait abandonner le changement d’heure. Les débats qui n’ont jamais lieu nulle part : la France veut construire six nouveaux réacteurs nucléaires EPR. #médiarchie

4 – Borges a écrit sur la bibliothèque, lieu labyrinthe des savoirs et des connaissances. J’aurai bien aimé lire ce qu’il aurait écrit sur le web, cette autre bibliothèque, extension de la bibliothèque traditionnelle.

5 – Behind the sound design of Twin Peaks. Merci à Pierre Ménard pour ce lien.

6 – Si nous avions la possibilité de voyager dans l’espace, nous nous rendrions compte que nuit et vide seraient notre compagne ou notre compagnon. Comment reviendrions-nous de ce voyage au sein de l’infini ? Fous ? Lucides ? Notre imagination peine à concevoir le grand tout. Pourtant, seuls quelques petits ilots de vie, ici ou là, émergent dont la Terre, pour un bref instant, encore. Si nous pouvions rencontrer une autre forme de vie dans l’univers… si, beaucoup de si… propices au il était une fois.

7 – Les cris sont dans les gorges. N’attendent plus qu’un signal. Mais pourquoi faut-il attendre un signal ?

8 – Participer à la qualité des bruits de la vie…

j’avais conclu ainsi un billet des vases communicants paru sur le blog de Philippe Rahmy : Kafka transports.

9 – Comme le peintre Max Ernst, je décidais désormais de cacher un oiseau dans toutes mes futures photographies.

10 – « Un archéologue français de 80 ans a retrouvé la tombe de Gengis Khan. Il a démontré en 2016 qu’une montagne sacrée du nord de la Mongolie était artificielle, accréditant l’hypothèse qu’elle abrite la dernière demeure de l’un des plus grands empereurs de l’Histoire, résolvant ainsi un mystère vieux de 800 ans. »

11 – La période que nous traversons s’avère passionnante, car elle fait cohabiter, pour quelque temps encore, l’analogique et le numérique.

12 – La photographie numérique n’est plus le « ça a été » de Roland Barthes, elle est désormais aussi un élément narratif qui transforme son rôle précédent.

13 – Tout est lien, il suffit de cliquer #alexandrasaemmer

14 – Analeptique et réticule, réticulaire, tissage. (Réseau, archipel, constellation)

15 – Grand éclat de rire provoqué par le Pape : « On ne peut pas croire en Dieu et être mafieux. » (Lu dans la « presse »)

16 – L’arrogance et le mépris illustrés par la réponse « présidentielle » donnée à un chômeur : «Je traverse la rue, je vous trouve du travail.» (Lu dans la « presse »)

17 -Opération salutaire et… politique, en définitive, mais je ne développe pas : déchirer toutes ses to-do lists.

18 – Il suffit de se laisser porter : vision taoïste, phénoménologique ou… ? Peu importe, c’est ma poétique : se laisser porter, laisser la porte ouverte et les rencontres se font. Toujours.

19 – « Certains critiques avancent en effet que les fonctions protéiformes du lien embrument la clarté architectonique du récit, qu’elles brisent son unité qui, selon Umberto Eco, n’est pas basée sur une multiplication, mais sur une réduction des possibles [16]. « Lorsqu’on lit, il est nécessaire d’organiser les informations présentées en les hiérarchisant pour donner du sens au lu. Dans les circonstances hypertextuelles, comment le lecteur parvient-il à hiérarchiser les actions proposées ? », se demandent par exemple Bertrand Gervais et Nicolas Xanthos [17]. » #alexandrasaemmer

20 – « La qualité d’une vie humaine dépend du rapport au monde, pour peu qu’il permette une résonance. Celle-ci accroît notre puissance d’agir et, en retour, notre aptitude à nous laisser « prendre », toucher et transformer par le monde. Soit l’exact inverse d’une relation instrumentale, réifiante et « muette », à quoi nous soumet la société moderne. » (Résonance : une sociologie de la relation au monde / Hartmut Rosa. – La découverte, 2018)

21 – « La société capitaliste moderne doit sans cesse s’étendre, croître et innover, accroître la production et la consommation, multiplier les options et les perspectives d’intégration […] cette tendance systématique à l’escalade modifie la façon dont nous sommes « placés dans le monde » ; elle transforme fondamentalement notre rapport au monde. […] C’est ici que l’accélération devient un problème : une contrainte d’accroissement n’ayant ni but ni fin finit par entraîner, pour les sujets et la société dans son ensemble, une relation déréglée, voire pathologique au monde. Ce dérèglement s’observe aujourd’hui tout particulièrement dans les grandes tendances à la crise qui traversent notre monde contemporain : la crise dite écologique, la crise démocratique et la « crise psychologique », qui se manifeste par exemple dans l’augmentation du nombre de burn-out. […] Mais il y a plus : car ce rapport problématique au monde n’est pas seulement la conséquence de l’accélération ou, si l’on préfère, de la contrainte d’accroissement des sociétés modernes : il en est simultanément la cause, de sorte que nous nous avons là un cercle vicieux qui ne cesse de se renforcer. […] Reste la question : quand peignons-nous, quand vivons-nous ? (Résonance : une sociologie de la relation au monde / Hartmut Rosa. – La découverte, 2018)

22 – « Songez que votre cerveau fait parfois tourner des simulations confondantes de vérité, dans lesquelles vous marchez, bougez, dansez, visitez des lieux nouveaux, entretenez de brillantes conversations, ressentez des émotions fortes… : ce sont vos rêves ! » (Apprendre / Stanislas Dehaene. – Odile Jacob, 2018)

23 – « Il suffit d’écouter le vent pour savoir si on est heureux. Il rappelle l’homme malheureux à la fragilité de sa maison ; il l’arrache à un sommeil fragile et à ses cauchemars. À l’homme heureux, la chanson du vent dit qu’il est bien en sureté : les hurlements furieux du vent lui montrent que ce dernier n’a plus prise sur lui » (Minima Moralia : réflexions sur la vie mutilée de Thedor W. Adorno. – Payot, 2003)

24 – Écrire une nouvelle qui aurait pour titre « Le boucher Vegan« .

25 – Diplopie : Trouble de la vision consistant à percevoir deux images ou plus pour un seul objet (cf. strabisme). Diplopie artificielle, provoquée. La divergence et la convergence des yeux sont-elles la cause ou l’effet de la diplopie et de la vision normale? (Merleau-Ponty, Phénoménol. perception,1945, p. 267)

26 – En ce moment, tout me ramène en permanence soit à la phénoménologie de Merleau-Ponty soit à la théorie critique de l’école de Francfort… Voir double, voir jour 25.

27 – Dans L’Utopie des sentiments : essais et histoires de cinéma d’Alexander Kluge, parue au éditions PUL en 2014, j’extrais ce texte datant de 1984 : Archéologie des sentiments. En 1984, mes sentiments étaient sens dessus dessous mais c’est une autre histoire.

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28 – « Notre espèce a fait de l’apprentissage sa spécialité. La pédagogie active est l’apanage de notre espèce. Apprendre à apprendre. La métacognition, c’est-à-dire le fait de mieux connaître son propre fonctionnement cognitif. Savoir apprendre est l’un des plus importants facteurs de réussite scolaire. Qu’est-ce qu’apprendre ?  » (Apprendre / Stanislas Dehaene. – Odile Jacob, 2018)

29 – Allez jeter un œil, voire les deux, sur nous voulons des coquelicots.

Appel des 100 pour l’interdiction de tous les pesticides de synthèse

Les pesticides sont des poisons qui détruisent tout ce qui est vivant. Ils sont dans l’eau de pluie, dans la rosée du matin, dans le nectar des fleurs et l’estomac des abeilles, dans le cordon ombilical des nouveau-nés, dans le nid des oiseaux, dans le lait des mères, dans les pommes et les cerises. Les pesticides sont une tragédie pour la santé. Ils provoquent des cancers, des maladies de Parkinson, des troubles psychomoteurs chez les enfants, des infertilités, des malformations à la naissance. L’exposition aux pesticides est sous-estimée par un système devenu fou, qui a choisi la fuite en avant. Quand un pesticide est interdit, dix autres prennent sa place. Il y en a des milliers.

Nous ne reconnaissons plus notre pays. La nature y est défigurée. Le tiers des oiseaux ont disparu en quinze ans; la moitié des papillons en vingt ans; les abeilles et les pollinisateurs meurent par milliards; les grenouilles et les sauterelles semblent comme évanouies ; les fleurs sauvages deviennent rares. Ce monde qui s’efface est le nôtre et chaque couleur qui succombe, chaque lumière qui s’éteint est une douleur définitive. Rendez-nous nos coquelicots ! Rendez-nous la beauté du monde !

30 –

Silence…

CC BY-NC 4.0 Cette œuvre est sous Licence Creative Commons Internationale Attribution-Pas d’Utilisation Commerciale 4.0. Toutes les photos sont miennes.

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