Le bruit de fond du monde

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A La Chambre… FQ

Depuis que nous sommes nés, le bruit de fond du monde n’a cessé de changer. Il est presque toujours connoté négativement. Il reste pourtant rassurant quand nous sommes effrayés. Une source d’apaisement quand le soleil franchit la ligne d’horizon. Puis, la nuit éveille nos sens, attise nos curiosités, réveille nos imaginations et un semblant d’introspection, que nous acceptons ou fuyons, le bruit de fond du monde se transforme alors en couteau. Combien de fois a-t-il changé au cours de notre existence ? Du néolithique aux premiers temps de l’ère industrielle, combien de fois a-t-il évolué ? Il est doux d’entendre le sifflement d’une voiture déchirer le silence de la rue à minuit ou le bruit strident des roues du train rencontrant une des aspérités de rails tordus, comme il est rassurant d’entendre la trille de la mésange le matin qui sonne le retour du jour ou les cloches qui martèlent nos temps inhumains. Si nous vivons à la campagne, si nous résidons en ville, si nous nous réfugions au cœur de la forêt, notre univers n’est jamais le même. Il est difficile de se comprendre. Nous surnageons dans des univers parallèles qui n’ont rien de surnaturels. Tous ces mondes qui contiennent les paroles gelées. Tout est toujours fantastique, cependant. Nos perceptions du monde nous isolent et nous rétrécissent. Se rencontrer ? Nous sommes fuites.

S’assoir. Écouter le bruit de fond du monde. Nécessité d’une concentration intense. Quel est ton bruit de fond ? Nous sommes flutes, parfois. Ou cristal qui songe.

Cristal qui songe. Quel beau titre trouvé par le traducteur Alain Glatigny au roman de Théodore Sturgeon, intitulé The dreaming jewels. Magnifique infidélité de la traduction. Écouter. Incompréhensions. Entendre. Qu’est qu’écouter ? M’écoutes-tu ? Est-ce que je t’écoute. Notre temps d’attention est limité. Notre temps de perception également. Nous aurions besoin de temps. Chacun, chacune. Mais les cloches martèlent… Le silence n’existe pas quand il y a atmosphère. Elle, qui transmet les ondes. Le bruit de fond : ce fleuve, ce flux, jamais ne se tarit, nous enveloppe. Nous sommes sensibles à ces vibrations. Indéfiniment. Inconsciemment. Tu es mon atmosphère. Nous partageons le même bruit de fond. Nous ne nous captons que rarement.

A combien de mutations avons-nous dû faire son ? Notre ouïe n’a jamais pu dire non. Le sourd, quel est son bruit de fond ? Mystère. Comment s’efface un bruit de fond du monde ? Imperceptiblement. Sans doutes ? Le bruit de fond du monde est un immense palimpseste, plein de coins et de recoins, dont la durée nous échappe.

J’entends…

Quoi ? me dis-tu.

Quelques voix de poètes, voix musiciennes, voix amies et d’autres, plus personnelles…

Et ? questionnes-tu

Et… Elles m’importent… pour être…

 

Silence (sourire)

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