#365 JOURS (JOURNAL POÉTIQUE, An 2 – mai 2018)

Habiter poétiquement le monde ? Chaque jour… Un paragraphe. Écrire – retenir, noter – un instant quotidien, une pensée, une action, une lecture, une musique… et publier le mois suivant… Journal extime, parfois un peu d’intime, mais caché.

31 ciels de mai et extraits des lectures du moi(s).

…….

1 mai – 10h30 IMG_20180501_113331_334

« … celles de mes occupations qui réclamaient une inviolable solitude : la lecture, la rêverie, les larmes et la volupté. » (Du côté de chez Swann / Marcel Proust. – Le livre de poche – édition 1966 avec les couvertures des manuscrits dues à Pierre Faucheux. –  p. 16)

2 mai – 10H40

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« Chercher ? pas seulement : créer. Il est en face de quelque chose qui n’est pas encore et que seul il peut réaliser, puis faire entrer dans sa lumière. » (Du côté de chez Swann. – p. 56)

3 mai – 8h30

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« Un petit coup au carreau, comme si quelque chose l’avait heurté, suivi d’une ample chute légère comme de grains de sable qu’on eût laissés tomber d’une fenêtre au-dessus, puis la chute s’étendant, se réglant, adoptant un rythme, devenant fluide, sonore, musicale, innombrable, universelle : c’était la pluie. » (Du côté de chez Swann. – p. 122)

4 mai – 18h15

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« Les faits ne pénètrent pas dans le monde de nos croyances, ils n’ont pas fait naître celles-ci, ils ne les détruisent pas ; ils peuvent leur infliger les plus constants démentis sans les affaiblir, et une avalanche de malheurs ou de maladies se succédant sans interruption dans une famille ne la fera pas douter de la bonté de son Dieu ou du talent de son médecin. » (Du côté de chez Swann. – p. 178)

5 mai – 20h40

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« Le Pont-Vieux débouchait dans un sentier de halage qui à cet endroit se tapissait l’été du feuillage bleu d’un noisetier sous lequel un pêcheur en chapeau de paille avait pris racine. » (Du côté de chez Swann. – p. 200)

6 mai – 11h00

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« Au sortir de ce parc, la Vivonne redevient courante. Que de fois j’ai vu, j’ai désiré imiter quand je serais libre de vivre à ma guise, un rameur, qui, ayant lâché l’aviron, s’était couché à plat sur le dos, la tête en bas, au fond de sa barque, et la laissant flotter à la dérive, ne pouvant voir que le ciel qui filait lentement au-dessus de lui, portait sur son visage l’avant-goût du bonheur et de la paix !  » (Du côté de chez Swann. – p. 204)

7 mai – 11h28

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« Savoir ne permet pas toujours d’empêcher, mais du moins les choses que nous savons, nous les tenons, sinon entre nos mains, du moins dans notre pensée où nous les disposons à notre gré, ce qui nous donne l’illusion d’une sorte de pouvoir sur elles. » (Du côté de chez Swann. – p. 377)

8 mai – 16h00

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 » Swann tenait les motifs musicaux pour de véritables idées, d’un autre monde, d’un autre ordre, idées voilées de ténèbres, inconnues, impénétrables à l’intelligence, mais qui n’en sont pas moins parfaitement distinctes les unes des autres, inégales entre elles de valeur et de signification.  » (Du côté de chez Swann. – p. 417)

9 mai – 17h10

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 » Ainsi regardais-je les arbres avec une tendresse insatisfaite qui les dépassait et se portait à mon insu vers ce chef-d’œuvre des belles promeneuses qu’ils enferment chaque jour pendant quelques heures.  » (Du côté de chez Swann. – p. 505)

10 mai – 11h00

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« Et c’est pas à pas que je suis arrivé à la notion complexe de géopoétique. » (Un monde à part : cartes et territoires / Kenneth White. – Ed. Hors-limite, 2018. – (Feuilles d’herbe))

11 mai -19h48

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« Le nomade intellectuel, l’intellectuel nomade, n’est pas l’intellectuel individualiste de Platon. Il n’est pas non plus l’intellectuel engagé de Sartre, qui quitte les « idées pures » pour intervenir, souvent précipitamment, et même sottement, faute de connaissance générale des terrains, dans des contextes politico-historiques. Et il n’est pas non plus, phénomène plus récent, l’intellectuel médiatique qui se donne pour rôle de commenter les événements du jour d’une manière plus « philosophique » que les journaux. Le nomade intellectuel traverse les territoires et les cultures, selon une méthode faite à la fois d’histoire, de géographie et d’expérience vécue, en vue de l’ouverture au  monde. »  (Un monde à part : cartes et territoires / Kenneth White. – Ed. Hors-limite, 2018. – (Feuilles d’herbe))

12 mai – 11h00

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 » Je ne peux pas concevoir une géographie sans la géologie, ou une écriture qui ne garderait pas au moins le sens lointain de ces mouvements du monde, de ces lignes de base. » (Un monde à part : cartes et territoires / Kenneth White. – Ed. Hors-limite, 2018. – (Feuilles d’herbe))

13 mai – 14h50

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« L‘extrême relativité du terme de beauté... » (Le sens de l’art / Herbert Read. – Editions Sylvie Messenger, 1987)

14 mai –

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« Le décentrement n’a pas forcément besoin d’exotisme. » (L’occupation du monde / Sylvain Piron. – Zones sensibles, 2018)

15 mai – 21h30

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« cet enfermement dans le présent… » (L’occupation du monde / Sylvain Piron. – Zones sensibles, 2018)

16 mai – 19h30

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« La croissance annuelle du produit intérieur brut en vient à faire figure d’unique horizon pensable de l’avenir commun. » (L’occupation du monde / Sylvain Piron. – Zones sensibles, 2018)

17 mai – 19h00

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 » L’histoire intellectuelle du Moyen Âge occidental [est] indispensable à une compréhension de la mondialisation actuelle. […] L’enfermement dans le présent condamne nos contemporains à lire leur situation au filtre des concepts proposés par l’idéologie dans laquelle ils baignent ; au mieux savent-ils la dénoncer au moyen d’une grille d’analyse qui accorde tout autant un primat à l’explication économique et se satisfait de réclamer un autre partage des richesses. Ils auraient au contraire besoin de disposer de points de comparaison propres à leur faire ressentir dans toute son étendue l’étrangeté de cette situation. » (L’occupation du monde / Sylvain Piron. – Zones sensibles, 2018)

18 mai – 18h

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 » La société de la connaissance produit très peu de réflexion sur elle-même. »  (L’occupation du monde / Sylvain Piron. – Zones sensibles, 2018)

19 mai – 15h00

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« La ligne droite est la traduction visible par excellence de l’artificialité du pouvoir. » (L’occupation du monde / Sylvain Piron. – Zones sensibles, 2018)

20 mai – 19h00

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« Le mot d’occcupatio était également employé par les classiques en un sens figuré, pour exprimer l’état mental de celui qui n’est pas libre de ses pensées mais se trouve au contraire envahi, occupé par des soucis ou d’autres tâches. Cet état n’était guère valorisé par l’aristocratie romaine qui élevait au premier rang la pratique de l’otium, temps de loisir au délassement, à l’étude et à l’amitié. Comme l’écrit Sénèque, tout le monde convient qu’un homme trop occupé ne peut rien faire de bien. » (L’occupation du monde / Sylvain Piron. – Zones sensibles, 2018)

21 mai – 9h37

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 » Fondamentalement, le sujet chrétien, dont le moine est le prototype, est un être qui doit s’occuper et qui trouve dans le travail une activité susceptible de combler cette attente. Ce besoin d’occupation est la manifestation la plus flagrante des origines chrétiennes de la morale économique […] qui impose d’avoir toujours quelque chose à faire, que ce soit dans la sphère du travail ou dans celles des loisirs. » (L’occupation du monde / Sylvain Piron. – Zones sensibles, 2018)

22 mai – je ne sais plus

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 » Les sociétés démocratiques ont besoin d’être éclairées par un savoir économique modeste, produit par une discipline consciente de sa nature historique et sociale, pluraliste et faillible. Pour leur malheur, elles se trouvent soumises depuis une quarantaines d’années à une pseudo-science qui impose des solutions dogmatiques, paralyse la réflexion et contribue à saper leur capacité d’autodétermination. L’impasse dans laquelle le monde se trouve face à la crise climatique et énergétique tient largement à cet aveuglement. »  (L’occupation du monde / Sylvain Piron. – Zones sensibles, 2018)

23 mai – je ne sais plus

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 » L’aliénation économique, qui entrave l’appréhension de la catastrophe dans laquelle les sociétés industrielles entraînent la planète entière, doit se comprendre dans une perspective de longue durée, comme l’ultime transformation d’une histoire chrétienne dont l’Occident n’est toujours pas réellement sorti. »   (L’occupation du monde / Sylvain Piron. – Zones sensibles, 2018)

24 mai – je ne sais plus

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 » La révolte contre le matérialisme qu’appelle l’impasse de la situation présente ne peut logiquement se concevoir que comme une insurrection spirituelle. Il ne s’agira évidemment pas de prôner un retour à des formes religieuses anciennes. L’entrée dans la modernité est aussi indiscutable qu’irrémédiable. Il est cependant possible d’embrasser une vision plus large et plus complète de la condition humaines qui ne se satisfait pas de l’enfermement sur elles-mêmes de monades désirantes et consommatrices. » (L’occupation du monde / Sylvain Piron. – Zones sensibles, 2018)

25 mai – 18H30

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« Quel monde laisserons-nous au rossignol ? Eric Chevillard, 17 novembre 2017. » cité dans (L’occupation du monde / Sylvain Piron. – Zones sensibles, 2018)

26 mai – 19h00

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« Dans quelques millions d’années, un observateur hypothétique pourra reconnaître la signature de l’espèce humaine dans la formation de l’écorce terrestre à un pic de carbone assorti de divers polluants chimiques, aussi bien qu’à la trace laissée par des espèces domestiquées sur toute la surface de la Terre, à commencer par des os de poulets. » (L’occupation du monde / Sylvain Piron. – Zones sensibles, 2018)

27 mai – 19h55

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« Comme le rappelle le romancier Amitav Ghosh dans un essai récent [The great Derangment, 2016] consacré à l’aveuglement collectif face à la crise climatique, Gandhi ne jugeait pas souhaitable que le sous-continent s’oriente vers l’industrialisation et cette réticence fut l’une des causes de son assassinat. » (L’occupation du monde / Sylvain Piron. – Zones sensibles, 2018)

28 mai – 18h30

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« L’innovation est plus que jamais l’aliment de l’expansion d’un capitalisme illimité, mais elle s’applique désormais moins aux procédés de fabrication qu’à la diversification vertigineuse des services et des produits. » (L’occupation du monde / Sylvain Piron. – Zones sensibles, 2018)

29 mai – 18h30

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« L’évanouissement du futur est l’un des traits les plus frappants de notre nouvelle situation historique. » (L’occupation du monde / Sylvain Piron. – Zones sensibles, 2018)

30 mai – 20h30

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« Dix ans après la crise financière de 2007 qui a vu les États intervenir massivement au secours des institutions bancaires privées, le cœur du modèle intellectuel néo-libéral est à son tour largement atteint. Il faut être aveugle pour croire encore à la fable du marché. Pourtant, la structure de pensée qui découle de ce modèle continue à dominer l’imaginaire politique contemporain, sans qu’un rival plausible semble en mesure de le remplacer. Même privée de sa base théorique, l’idéologie continue à régner dans tous les domaines de l’existence. Or l’un des trait les plus distinctifs, qui entre pour une large part dans la séduction qu’elle exerce, consiste à faire croire aux bonnes nouvelles. Elle invite à masquer le réel au profit des mondes fictifs dans lesquels une main invisible conduit toujours à une fin heureuse, grâce à l’adaptabilité illimitée du capital. Tout indique que le réchauffement moyen de la planète ne pourra pas être maintenu sous la barre des deux degrés d’ici à la fin du siècle. L’objectif est pourtant répété et les politiciens font encore mine de croire qu’il pourra être tenu. » (L’occupation du monde / Sylvain Piron. – Zones sensibles, 2018)

31 mai – 21h10

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« Du plus visible, il faut aller maintenant vers le moins en moins visible, qui est aussi le plus révélateur et le plus vrai. Ce pays est un pays de murs. » (Paysages avec figures absentes / Philippe Jaccottet. – Gallimard, 1970. – (Poésie))

Fermeture du mois de mai – 21h26.

Silence…

CC BY-NC 4.0 Cette œuvre est sous Licence Creative Commons Internationale Attribution-Pas d’Utilisation Commerciale 4.0. Toutes les photos sont miennes.

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