#365 jours (journal poétique, février 2017)

Habiter poétiquement le monde ? Chaque jour…

Un paragraphe par jour, sur le modèle du livre You du poète américain Ron Silliman.

Écrire – retenir, noter – un instant quotidien : une pensée, une action, une musique… et publier le mois suivant… Silence.

Et février se poursuit ainsi :

la_mediatheque_s_efface_fevrier_2017
Quand la médiathèque s’efface…

.

La brume est de plus en plus profonde. (1er février)

Et la bêtise est innée et ancestrale, indépendante des écrans. (2 février)

C’est le jour qui me plait. Tout autant la nuit : une lampe et un livre, la lumière et le chat endormi. Je lis.

J’ai un faible pour ceux qui aiment le savoir, ces curieux qui le recherche, sans jamais être certains que leurs découvertes soient un réel savoir.

Dès que possible en prenant une photographie, j’ajoute un arbre, un ciel, un peu d’eau.

Il n’y a pas un seul flocon de neige identique et pourtant ils se ressemblent. Humaine condition.

L’alpiniste s’arrêta soudain au milieu de la paroi. Sur un minuscule promontoire, un edelweiss se dressait face au soleil. Le grimpeur resta une heure à le contempler. Puis, renonça à atteindre le sommet. Revenu dans la plaine, il rangea définitivement son matériel, s’assit sur la terrasse de son chalet, resta longuement à scruter la montagne.

La patience est la vraie alliée de l’artiste mais il faut beaucoup de temps pour le comprendre.

Rêve : sortir enfin de l’ère magique pour entrer dans l’ère de l’émerveillement. Sans gourous.

Les cormorans se sèchent ailes grandes ouvertes, perchés sur les grues.

La Raison est un bien commun, ignoré.

Tous ces mots lus qui nous enveloppent comme la neige, le sol. Et fondent, presque aussitôt.

Le verbe comprendre n’est pas un mot dièse.

Je ne lis plus de poésie d’une autre langue que la mienne, malgré le métier du traducteur. La traduction de poésie est inadmissible.

Le poète est toujours proche de la lisière de la forêt. Si la forêt disparait, le poète disparaitra peu de temps après.

Vertiges dans la nuit. Cristal qui songe. Pour ne pas tomber, je m’adosse aux piles instables de livres du couloir.

En ce moment, je pense tout le temps au poème liminaire des Fleurs du mal et au génie de son auteur qui en s’adressant Au lecteur dénonce le mal principal qui tout à la fois, explicite et gangrène l’espèce humaine : l’ennui.

Ne vendez pas la peau de l’ours… mais surtout, ne tuez pas l’ours.

La poésie de l’existence s’enfuyait à toute vitesse en tenant la main de la beauté, fragile, effrayée à raison pour un rien. Mais ce n’était pas rien ce qu’il se passait tous les jours.

Maintenant, peindre avec des mots.

Tous les personnages du livre en cours sont réunis au cœur de la forêt. Ils attendent que l’auteur donne son signal pour l’explorer. Mais l’auteur n’est pas prêt car il peaufine le paysage au-delà de la forêt.

Des cerveaux fossilisés aux corps mécaniques parlent. La fin du monde est toujours pour demain.

Sur les gouttières, il y a des mots, des graphes, des petites affiches qui disent la colère, parfois la joie, de ceux qui n’ont pas la parole. Sur les gouttières, il y a des fautes, des gros mots, des mots pas comme il faut. Sur les gouttières, il y a la vie oubliée des sans-voix.

J’ai jamais cru, je suis cuit. Les anti-Lumières ont de nouveau confisqué l’ampoule.

Mais, ce matin, j’ai vu le premier bourgeon et puis une virgule coincée en bout de phrase,

presque la nuit… respire encore, ton souffle, le mien, mêlés… le jour les nuages sont blancs… je ralentis ma lecture de tous les livres d’Orhan Pamuk par peur de ne plus entendre cette voix si juste. Les traductions françaises tardent à venir.

puis les souvenirs, les cris de mort, les efforts éclairés des hommes, dans une brusque fureur, ils avaient lu le livre de travers,  combien sont impitoyables, le désir d’oublier le monde extérieur, ne jamais éprouver de regrets, un grand éclat de rire, dès que je sortis, je pensais au silence, la virgule s’accrochait ne ménageant plus le souffle,

Brève : un milliardaire propose à deux autres milliardaires une ballade en fusée Autour de la lune en 2018. Michel Ardan n’y sera pas.

Silence

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