#365 jours (journal poétique, janvier 2017)

Habiter poétiquement le monde ? Chaque jour ?

Un paragraphe par jour, sur le modèle du livre You du poète américain Ron Silliman.

Écrire – retenir, noter – un instant quotidien : une pensée, une action, une musique… et publier le mois suivant… Silence.

Ainsi commence l’année 2017 :

la-peintre
La peintre (Photographie de ma série 36 vues du mont Fuji strasbourgeois.)

.

Se retourner sur le chemin parcouru reste une tentation. Le passé est ce banc de pierre sous le chêne : parfois apaisant. La pause doit demeurer courte pour que nostalgie ou mélancolie ne t’agrippent. La marche, jamais ne doit cesser. (1 janvier)

Au point du jour s’éteindront Les Lumières. (2 janvier)

Chacun regarde désormais un unique imaginaire, effrayant et autorisé.(3 janvier)

Le terrain de jeu était contrôlé par des émotions simples, rapides et efficaces.

Tu lèves la tête vers le ciel bleu. Il tombe de la neige sur les verres de tes lunettes.

Fragmentés. Sommes.

Marcher dans la neige et entendre le bruit de tes pas.

La montée de l’imprécision dans tous les domaines. L’important reste de paraître. Tout est insignifiant. Mais, étiqueté. Rangé. Les choses plus gênantes dans des tiroirs secrets.

Je pourrai voir la découpe précise du nuage blanc sur le bleu du ciel. Mais, il n’y a plus de bleu.

Le poème est la tentative optimiste et naïve de dépasser la ruine à venir.

Ce ne sont que des mots.

Sur le lac qui entoure la presqu’île, mouettes et foulques, canards et cygnes, pigeons, minuscules moineaux et hérons perdus dans la ville s’agitent en tout sens, dans une terrible cacophonie, de sons et de vols. Les oiseaux n’ont pas besoin d’ordre.

On se souvient des pensées d’Aristote qui a vécu il y a 2400 ans. Qui se souviendra des nôtres le 13 janvier 4417 ?

Pour avoir un peu d’attention, tu dois rapidement exprimer ton idée en moins de 140 signes, silences compris. Sinon, l’autre tourne la tête…

Comme il a neigé, le sceptique issu des médias des lobbys industriels et financiers pense avec un sourire ravi que le réchauffement climatique est bien une foutaise.

Pour dire. Seul l’auteur devrait être ironique.

Ce monde court à sa plainte.

La vie est dangereuse et sans aucun principe de précaution…

Le silence est tellement intense, tellement voulu qu’on entend, au loin, le bruit des bottes qui grincent sur un plancher ciré.

La modestie est la condition de celui qui doute.

Lu ce matin que Baudelaire rêvait de la photographie d’un visage qui serait « un portrait exact, mais ayant le flou d’un dessin. » Idée qui m’accompagne depuis.

Être libre … tendre vers l’anonymat…

Ne plus courir…

Nommer les choses, toujours.

Peurs.

Il ne peut. Il ne pleut plus. Le ciel est sans nuages aucun.

Il suffit d’exister.

Pour de simples calculs électoraux, la liberté se voile.

Les arbres sont tous nus dans cette partie du monde. Sagement, ils attendent le retour du printemps. « Il pleut sur la mer. »

Cent mille papillons de toutes les couleurs se sont envolés et aucun ouragan n’a pu être repéré dans l’immédiat.

Inaccessible, le jardin botanique est au repos.

.

Silence

 

 

 

 

 

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