Fragments d’avant la fin du monde #2

Photographie de Tanya Marcuse - site de Daniel Mendelsohn

Par contre, l’ennui existe. Depuis plus de vingt années, un silence assourdissant emplit la plaine, les montagnes et leurs vallées, le bord des mers et des océans. Et se propage. C’est le silence de la pensée humaniste. Qui s’est calfeutrée au fond d’une mine, sous terre, très profondément, très probablement, pour ne pas avoir à entendre les sons désagréables qu’elle a négligé. Sans réagir. Par manque de courage. Par lâcheté. Par peur aussi. Pensant à tort, que tout finirait par passer. Refuser de nommer les choses lui aura été fatale. A force de plier, le roseau – sec – s’est tout de même brisé. Il faudra attendre la fin de la fin du monde pour retrouver le chemin des valeurs universelles. Citoyen n’a pas de genre et il est protégé par des droits choisis entre citoyens et non imposés par des divinités imaginaires ou leurs représentants. Un silence assourdissant emplit la plaine, les montagnes et leurs vallées, le bord des mers et des océans. C’est la mort qui approche et le néant qui suit. Seuls existent la vie – l’ennui aussi, cet aveugle – les rires d’un enfant, l’écoulement d’une source, la musique, les mots qu’on échange, les corps qui s’enlacent et toutes ces choses qui font peur aux thuriféraires du vide.

Silence

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