Fragments d’avant la fin du monde #1

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Évidemment le progrès n’existe pas. Nous sommes en permanence tirés vers le bas. Ce qui ne veut pas forcément dire que le progrès a pour direction le haut. Il faudrait que nous nous libérions des chaines de la Rédemption qui retiennent nos jubilations, que nous nous libérions de l’illusoire récompense et de tous ces paradis encore plus imaginaires qu’inexistants. Mais ce ne sont pas des contes pour enfants : le nombre de morts atteste de leur véracité dans nos esprits malades. Le réel n’est plus ce qu’il était. Les directions n’ont plus aucun sens. Le Haut, le Bas, le Nord, le Sud… L’infini a toujours été trop grand pour les animaux que nous sommes. Les significations des mots sont désormais relatives. Tout est un et son contraire. Nous sommes constamment tirés vers le bas, vers la terre… sous la terre. Pour que notre souffle cesse d’exulter. Pour que nos atomes se mélangent de nouveau. Nous tournons en rond sur une boule de billard. Celle sans numéro : la blanche, couleur du néant, aveuglante. Celle utilisée pour la casse lors du premier coup. La casse. La boule disperse les autres boules, planètes, atomes. Et la pensée ne peut se reconstituer qu’en tombant dans les abîmes du billard américain.

Silence.

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