Onconsidérément… (Bereishit, #20)

Photographie de Souadzart
Photographie de Souadzart (instagram) avec son autorisation. Merci.

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« Échapper aux manipulations. Commencer par supprimer télévision et radio, ne plus lire ni journaux ni actualités sur le web. S’échapper. Tenter de s’échapper.  S’échapper comme le fit Thoreau sur les chemins, au cœur des forêts. Sentir et écouter. S’échapper pour se confronter seul, forcément seul, à son ignorance. Entendre. Retrouver la paix intérieure. La seule qui compte en définitive. Ne plus parler inconsidérément. Ne plus parler onconsidérémment, pourrait-on inventer : de manière convenue, en suivant l’air du temps accompagné de cet on anonyme qui démontre avec la force du nombre. Même si le nombre se trompe souvent. Relier. Relire. Lire, enfin. Quelle est ma voie ? Quelle… ma voix ? Qui s’éraille quand tu me parles… Suis fétu de paille… mais je te rassure, la voie ascétique ne m’a jamais tenté… Notre voix, celle que l’on entend en soi, n’est jamais celle transmise par l’organe qui nous sert à communiquer. J’entends. Je vois. Je t’entends. Je te vois. Tes courbes, tes gestes… Choses qui me plaisent. Du temps perdu à foison mais finalement qui ne l’est pas, si nécessaire pour comprendre notre pas, notre rythme. Pas que nous conjuguons ensemble. La sentence « ici et maintenant » est une utopie de plus, un peu stérile, comme toutes les utopies. Le rêve et l’imaginaire sont permanents. Parfois, il faut se taire. Faire, plutôt que dire. Le silence apaise. Il faut le trouver quand il se terre. Le silence n’est pas une solitude : un moine dans son refuge carcéral. Il ne s’agit pas d’être hors du monde. S’échapper, simplement. Respirer. Les utopies bornent nos horizons. Nous sommes en permanence à cheminer vers elles. Mais jamais, ne les atteignons. Ce sont vues de l’esprit. Et de l’esprit seulement. Conduisent à des drames. Seules les idées liées aux corps ont une réelle importance. Échapper aux manipulations est aussi une idée imbécile. Il est impossible de lutter contre le vent, on ne sait pas d’où il vient. Qui a déjà trouvé une source de vent ? Il ne sert à rien de lutter contre les vents sauf de s’enfouir sous terre.  Je suis monté tout en haut de l’arbre. En pleine face, je prends le vent. Cherche à me couler en son fleuve. A me rendre aérodynamique. J’écoute les voix, les voix des vents. Les feuilles des arbres font une musique qui me réjouit ou pas. J’habite désormais à l’étage de la canopée. Je m’abrite de la pluie comme je peux. Parfois, je suis trempé et je tremble. J’habite désormais à l’étage de la canopée. Suis quitte à rêver pour rien… j’assume… au moins d’ici, je vois les étoiles quand le ciel, la nuit, est dégagé. Et puis, t’étreindre… »

 Silence / Bereishit #20

Une réflexion sur “Onconsidérément… (Bereishit, #20)

  1. Partir comme Walden ou bien faire de chez soi un sous-bois ? La tentation est grande.
    En attendant promenons-nous en portant un regard curieux sur le mystère du monde
    Merci pour vos mots et bonne soirée.
    Promeneuse

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