Nous commençons anonymes… (Bereishit, #18)

le peu de réalité

Nous commençons anonymes. L’imaginaire de nos parents nous impose un nom à la naissance, une religion ou pas, un statut d’être aimé ou pire. Le lieu d’où nous voyons le jour ne nous appartient pas. Nous commençons anonymes. Gesticulons. Braillons. Méprisons le silence nécessaire à la concentration, à la réflexion, à la contemplation, si bénéfiques pour ligaturer nos tensions, nos mauvaises manières. Obtenons parfois un nom qui n’est pas nous, qui passera ou non à la postérité, pour de bonnes ou de mauvaises raisons. Gesticulons. Courrons pendant dix, vingt, soixante ans, plus… Ne nous posons, jamais… Éphémères colibris. Agissons le plus modestement possible, pour la plupart. Avons joies. Connaissons pleurs et douleurs. Épuisés, parfois. Mais jamais, ne nous posons. Pour dire stop : je ne veux plus jouer ce jeu. Mais c’est tout simplement impossible. Au risque de passer pour un enfant, un naïf voire un fou. Ce que nous voyons sur les écrans pathétiques, ce que nous entendons sur les ondes larmoyantes ou ce que nous lisons dans les journaux irresponsables ne nous encourage pas à dire ou à parler. Préférons taire ce qui nous agite, nous révolte. D’autres que nous n’ont pas ce luxe de se triturer les méninges pour essayer de dégager un sens à tout cela. Ils sont en fuite, dorment d’un œil dans les ornières des chemins. Les carrefours et les croisées des routes sont les endroits les plus dangereux du monde. L’imaginaire domine le monde : celui qui croit à ceci ou à celui-là mais pas à l’autre, qui veut tuer celui-ci parce qu’infidèle, impie ou athée. Vocabulaire d’adjectifs oppressifs, despotiques, définitifs. Insupportables imaginaires collectifs des gourous de toute obédience qui annihilent, entachent notre véritable imaginaire humain, colorient le monde en rouge sang de leurs obsessions. Puis se drapent dans leurs âneries de perfections tout aussi inutiles qu’inatteignables… Il n’y a sans doute pas de sens à toutes nos actions. Juste une respiration, animale et vitale, le temps de passer de l’anonymat à celui qui a un nom et de redevenir de nouveau anonyme. Le savoir, un bref instant, et c’est un effort qu’il faut choisir seul, peut nous apporter des vues sur la réalité des choses.

Silence / Bereishit #18

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