Ce que je retiens #2 : diégèse

ce que je retiens 2
en haut, la carte des prêts de liseuses dans les bibliothèques françaises – en bas, quelques lectures du moment…

Ce jour : le beau temps est revenu. Il fait 14° C maintenant parce qu’il fait nuit à cette heure. Le soleil s’est couché à 20h40. Le baromêtre strasbourgeois indique à présent 1000.8 mBar.

Il n’y aurait plus de mémoire(s)… de chairs… affectives… etc…

Il n’y aurait plus que des chiffres, des données que l’on pourrait partager de manière ouverte. Open… Il n’y aurait plus de problèmes ( sociaux, de santé, de pauvreté, de bonheur… de machines à café entartrées… de grains de sable qui seraient là où on ne les attendrait pas…), il n’y aurait plus de problèmes que l’on ne pourrait pas résoudre sans étudier ces chiffres que des machines analyseraient pour nous, à notre profit, toujours à notre profit… Tout nous serait donné… Il n’y aurait alors plus que des applications et il suffirait de cliquer pour tout résoudre. Voir Stiegler ou encore Morozov… qui nous mettent en garde. L’homme lui-même serait une donnée comme une autre… « L’automatisation intégrée est le principal résultat de ce que l’on appelle « l’économie des data ». Organisant des boucles de rétroactions à la vitesse de la lumière (à travers les réseaux sociaux, objets communicants, puces RFID, capteurs, actionneurs, calcul intensif sur données massives appelées big data, smart cities et robots en tout genre) entre consommation, marketing, production, logistique et distribution, la réticulation généralisée conduit à une régression drastique de l’emploi dans tous les secteurs – de l’avocat au chauffeur routier, du médecin au manutentionnaire – et dans tous les pays.« 

Aujourd’hui, on pouvait envoyer des petits dessins avec une montre nouvelle et inutile, au coût exorbitant et qui accessoirement donnait l’heure. On pouvait aussi envoyer  le pouls de notre cœur à un ami. Quelle drôle d’idée…

Il n’y aurait plus de mémoire(s), disent-ils. Il y a déjà tellement de mots que l’on n’a plus le droit de dire, prononcer… comme un petit air de 1984 dans notre aire… Tout serait open, tout nous serait donné… mais faudrait tout de même envisager de débrancher le compteur ?

Un autre conteur ?

Diégèse : sous-titré l’atelier du texte, hypertexte continu, le site de Pierre Oudart, découvert ce 29 avril, grâce à une étudiante des Arts déco de Strasbourg. Site qui signale que :

ce travail est commencé depuis 5598 jours et son auteur est en vie depuis 20051 jours (20051 = nombre premier)

Et  s’y perdre, ce soir… dans ce site… par la magie des liens hypertextes… comme si nous étions au cœur d’une forêt et prenions tantôt à gauche, tantôt à droite, les sentiers qui s’ouvraient devant nous.

Diégèse selon wikipédia a deux sens :

  • dans les mécanismes de narration, la diégèse est le fait de raconter les choses, et s’oppose au principe de mimesis qui consiste à montrer les choses ;
  • c’est l’univers d’une œuvre, le monde qu’elle évoque et dont elle représente une partie.

Selon Penser la narrativité contemporaine, le calepin de notes d’une équipe de recherche dirigée par René Audet et Nicolas Xanthos, il est écrit qu’ à l’origine de ce néologisme – et des problèmes qu’il ne pouvait alors imaginer – se trouve E. Souriau qui cherchait un vocabulaire neuf en vue d’analyser l’esthétique cinématographique.

Bref, Diégèse : « (du grec diègèsis, “narration”). On appelle diégèse l’ensemble des données narratives présentées dans un récit. Plus schématiquement encore, on peut dire que la diégèse est l’“histoire” que propose le récit. La diégèse doit donc être considérée indépendamment du texte narratif proprement dit : il arrive par exemple fréquemment qu’un épisode de la diégèse soit omis dans le récit. Par extension, on appelle parfois diégèse l’ensemble du matériel fictif (personnage, lieux, circonstances…) mis en scène dans un roman ou une nouvelle.» (Michel Jarrety [dir.], Lexique des termes littéraires, Paris, Gallimard (coll. Le livre de poche), 2001, p. 128

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De Boulet

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J’ai du mal à penser, ce soir, que nos histoires ne sont plus que des suites infinies de chiffres… open/not open…

A plus tard, je vais lire…

Silence…(s).

Ce que je retiens #1 #29 avril 2015 : journal hédoniste et si possible jubilatoire
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Une réflexion sur “Ce que je retiens #2 : diégèse

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