C’est comme de passer en train à toute vitesse dans une gare…

photo de MC Grimard
photo citée par MC Grimard – auteur inconnu
Et j’étais déjà si mauvais poète
que je ne savais pas aller jusqu’au bout
Blaise Cendrars. – Prose du transsibérien et de la petite Jeanne de France.

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C’est comme de passer en train à toute vitesse dans une gare et ne saisir que des lambeaux d’images qui resteraient gravés en nous… un chariot de bagages, vide et abandonné… un enfant qui coure vers sa mère… une fenêtre ouverte… un foulard rouge… « Le broun-roun-roun des roues »… qui resteraient gravés en nous, longtemps, longtemps… temps de nous remémorer… quelques bribes, quelques miettes d’autres voyages, quelques parcelles d’autres chemins… ce caillou dans la chaussure et la main que tu as lâchée avant que le corps ne tombe dans le vide… mais c’était pour de rire… un jeu… vous étiez attachés, bien attachés sur cette paroi… c’était pour de rire… on n’est pas sérieux quand on a … Toute cette vie que… n’osons plus… représentations… unique ou dernier souffle… De nos navigations ou promenades sur le Web… c’est souvent rester en lisière de forêt de peur de s’égarer, s’égarer dans la forêt, d’y pénétrer entièrement corps et… pour y sentir l’âme du lieu, présence qui n’est pas éthérée mais serait plutôt la notre si peureux n’étions pas devenus, au lieu de… les pieds bien posés dans l’humus, matière venant du passé, et la main tendue, capable d’entendre les craquements lointains qui parfois se rapprocheraient dangereusement… à moins que ce ne soit que les battements de notre cœur… ou de l’autre qui viendrait nous rejoindre… et ce trop-plein en permanence qui menace de nous engloutir… bruits/silences… bruits/silences… bruits/silences… ton cœur qui bat pourtant… ce qui nous empêche de crier, de rire, s’égosiller jusqu’à en perdre la voix… nous ne nous reconnaissons plus, asservis… C’est encore de s’accouder sur le bord de la fenêtre et de voir toute cette vie qui s’agite, gesticule, parade ou danse… en bas, sur le boulevard du temps qui passe… déjà, ou presque le demi-siècle… divague… ces traversées qui nous remplissent mais pas entièrement… pas entièrement… pas du tout même… qui nous rappellent… qui nous souviennent mais ne sais plus… ai oublié… mémoire divague, flanche ou se met soudain à sourire quand un éclat… quoi… je ne sais pas qui est l’auteur de cette photo… glanée sur le flux incessant comme marée, sur le flot incessant de l’oiseau qui gazouille… ne sait pas qui, ni quand elle a été prise… ne sais pas qui est cette mystérieuse jeune fille au regard perdu… ce qu’elle regarde, ce qu’elle voit… Yvonne ? Le web est parfois semblable au domaine mystérieux de ce roman qui produit son effet à chaque relecture… cette photo, pourquoi me fait-elle penser à Yvonne de Galais ?

Silence…

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