Le flou et le perdu (Bereishit, #5)

montage deux photographies de suisousonou

ma vie. un arbre qui se penche. à toucher l’horizon
Dires 50 – Francis Royo.

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Le flou… Le perdu… Ce qui était flou et ce qui est perdu, ce qui est toujours flou et ce qui est retrouvé et mille saisons se sont allées… dans une folie de temps et de vitesse. Folie est-il synonyme de fuite ? Impression persistante d’avoir toujours été dans ce flou qui enveloppe les tableaux de Monet, peints à Londres sur les bords de la Tamise, avec cette trouée de soleil capté par l’obélisquieuse Big Ben dans le brouillard qui recouvre le Parlement. Ouate ? Benben était le nom égyptien pour désigner l’obélisque, rayon de soleil fossilisé. Tout a toujours été flou par manque de clairières et le paysage s’est enfuit dès la première lisière découverte, rattrapé par la futaie, empoisonnante. Ce besoin d’un endroit calme, posé, pour réunir les pierres destinés à la construction du cercle délimitant l’âtre, récupérer des branches, des pommes de pin et des brindilles pour allumer le feu du centre… de l’être. Il est trop tard ou il est trop tôt ? Ce qui retient encore, ce qui s’échappe déjà, et cet embrouillamini de fils emmêlés qui est au cœur de nous. Les pères ne parlent pas à leur enfant et ce flou conduit à la perte ou plus souvent, à la fuite en avant. Les saisons passent plus vite que les nuages. Les mères parlent trop. Mais il vaut mieux parler trop que pas assez. Nous n’avons pas la force de l’arbre, lui, enraciné dans le sol. Lui est bien égal : le mouvement, la vitesse, la fuite… seul le vent le contraint à payer de ses feuilles chaque automne. Il s’en moque. Les feuilles repoussent au printemps. Je voudrais être cet arbre du poème qui se penche jusqu’à toucher l’horizon, m’accrocher à son bord et pencher la tête pour voir ce qu’il y a… dessous… si ce qui était flou, ce qui s’est perdu, se retrouve là… derrière l’horizon… que je vois… et qui s’éloigne à chaque pas que je fais pour le rejoindre…

Silence. / Bereishit 5

La photographie est une juxtaposition de deux photographies extraites du blog propulsé par suisononou, basé à Tokyo.

3 réflexions sur “Le flou et le perdu (Bereishit, #5)

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