« Le chemin est sans connaissance… »

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« Le chemin est sans connaissance… » Ce chemin devant nous… C’est de spontanéité dont nous avons besoin : toujours. Ne pas savoir que chute il peut y avoir, et quand elle arrive et on ne s’y attendait pas, alors pouvoir et savoir se relever. C’est peut-être uniquement cela que l’on acquiert en cheminant : se relever après être tombé. Repositionner les yeux sur visage, le recomposer avec morceaux épars, éparpillés. Le chemin ne mène pas forcément vers un gouffre. De la chute ? En faire une chance plutôt qu’une défaite, et debout, regarder où nous nous trouvons. Le chemin déroule son fil comme une bobine tout autour d’espaces matériels ou immatériels, qui nous attirent ou nous répulsent. Nos choix, nous ne le savons qu’après, nous grandissent ou rapetissent. Mais, ne pas savoir avant… surtout… « Le chemin est sans connaissance… » Nous ne laissons majoritairement que traces mais elles ne sont pas toujours visibles. Quand la neige fond, elles disparaissent. Et c’est plutôt une bonne chose. Il s’agit de laisser place à l’imaginaire, le notre, qui est notre moteur de curiosité. Être patient… Ne pas se précipiter. Le marathon ne fait que 42km et des poussières. Notre chemin nécessite beaucoup plus d’endurance. Marcher n’est pas limité à la maitrise d’un certain art de l’équilibre. Et cheminer est plus important qu’effacer… nos traces… et celles qui ne peuvent pas du tout être effacées. La connaissance est une montagne dont toutes les couches géologiques ne sont pas visibles, recouvertes par une prairie ou une forêt, enfouies sous les herbes folles. Cette montagne du souvenir est toujours derrière nous, et ne nous aide pas toujours à respirer. « Le monde s’efface tous les soirs. » Ou devrait. Renaît au petit matin… et nous, de reprendre la marche…

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Silence

Faire signe (saison 2) : journal quotidien jubilatoire en 200 mots ou quelques… : 163

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La phrase « Le chemin est sans connaissance… » qui a inspiré le texte ci-dessus est extraite d’un poème inédit de Loïc Bettini, marionnettiste.
« Le monde s’efface tous les soirs. » est extraite de la série de textes d’Isabelle Pariente-Butterlin consacrée à l’effacement d’un dessin de De Kooning par Rauschenberg

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Une réflexion sur “« Le chemin est sans connaissance… »

  1. « Photographisme » de la lumière éclatant le ciel et la pierre, à la vision retrouvée des visages qu’elle aura aimé,l’inspiration née parfois d’un souffle expiré,parfois d’une flèche en plein coeur flottant sur l’horizon …

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