Un oloé aux Kerguelen et ailleurs… des web-livres, partout… maintenant…

Flânerie autour de quelques web-livres…

__________________________________________________________________

.

Où Lire ? Où Écrire ? Comme une antienne agréable depuis que découverte, me revient cette invention de langage si chantante : O-L-O-é, langage qui sert à nommer, à désigner ce qui existait déjà mais dont nous n’étions pas conscients ou du moins, pas de cette manière là. «Un bon endroit pour lire écrire Un café ? Un jardin botanique ? Le dedans ? Le dehors ? Une vraie découverte – littéraire – que cet acronyme – oloé – car, dit une certaine manière de vivre, de concevoir notre rapport aux autres, de conduire notre vie… qui ne serait pas une existence basée sur un certain type d’accumulation… trivial… celui des objets… Objets serviraient plutôt à raviver souvenirs… en forme d’autobiographie… « Où finit le livre ? »

« On doit me prendre pour un ours, mais je m’en fous. »

Ce qui est important… Ce n’est plus vraiment le support du livre – où les mots, les rêves, les histoires des hommes, leurs pleurs, leurs joies, sont transcris depuis millénaires – les supports du livre ont continuellement changé. Avec plus ou moins de succès. Évoluent de nouveau aujourd’hui. C’est plutôt les liens qui m’importent. Comme celui entre le(s) texte(s) et l’auteur et ce qu’il me dit de mon chemin tel qu’il a pu être, tel qu’il pourrait avoir été, tel qu’il pourrait être. Liens hypertextes, rhizomes vers aujourd’hui ; les liens de demain seront sans doute d’une autre manière… m’en moque… aujourd’hui, qui compte…

« Descendre un escalier, c’est risquer de se casser la gueule à chaque renversement du navire. »

Ce qui est important… Faire signe, écrire signes, y être sensible aussi sans aucun ésotérisme de pacotille ; dire à l’autre, ce qui nous plait, ce qui ne nous plait pas, ce qui nous enchante… Trouver le «bon endroit pour lire écrire.» Et bon moment. Ce moment qui se transforme petit à petit en faim de loup… devoir apaiser ses soifs, satisfaire ses désirs… de dire… de partager… Se taire, aussi… Le livre, un envers du silence ? Les hommes, des substituts du bruit ? Leurs histoires, leurs maladresses… mais pas que… leurs bruits dans les livres ? « Ne pas tenir en place, ici, et donc partir. » Le dire. L’écrire. Partir aux Kerguelen, par exemple.

Kerguelen_Map-fr

.

« Moi, c’est plutôt les albatros qui m’intéressent. »

Construire un livre qui n’est pas tout à fait un livre, qui prend la forme d’un blog, quotidien ou presque, qui prend la forme d’un journal de voyage mais qui n’en est pas tout à fait un, qui renouvelle la forme du feuilleton des quotidiens imprimés, jadis adulés… mais plus… L’écriture sur les blogs comme nouvelle forme du manuscrit, web-livre qui se construit… Est-ce déjà un livre ? Et auteurs divers qui ont maintenant cette conception : de nous plonger au cœur de leur atelier, vers Saclay, Combray ou du côté de la chambre verte. Pour nous, lecteurs, excitation, plaisir et bonheur de suivre la pensée en mouvement, chaque jour.

« Et puis je veux enfin pouvoir lire tranquille (Pietr le Letton de Simenon à finir). »

La lecture : est-ce une suite linéaire de textes qui se déroulent selon la décision de l’auteur omniscient ? Oui – mais plus seulement – l’auteur peut dorénavant grâce au numérique tracer d’autres sentiers de lecture pour ses lecteurs. Jouer avec de nouveaux codes, par exemple, celui de la lecture aléatoire, d’ici aller ou dans la ville haute se rendre, pour découvrir un autre versant d’un livre imprimé ailleurs, qui est le même livre mais qui est devenu un autre livre, utilisant d’autres modalités de découvertes : images et voix. …

« – Et toi, que vas-tu faire là-bas ? m’a t-elle ensuite demandé.

Et comme j’avais déjà réfléchi à ce que j’allais dire, je lui ai répondu tranquillement :

– Je vais lire. »

Ce qui est important… vivre la construction du manuscrit même si celui qui l’écrit ne sait pas s’il fera livre, ensuite. Accompagner, faire promenade… Ce qui est important… Le chemin… « j’ai pensé livre comme ceci : un livre, pour moi, est un ensemble de livres constitués de fragments »… la manière de suivre le chemin… Ce qui n’est pas important : reproduire toujours le même objet. Nous croulons sous les objets. Ce que j’aime dans le mouvement de l’écriture d’aujourd’hui, c’est qu’elle est là, présente, vient toquer à notre écran sans que nous nous y attendions… la table des choix du libraire se déplace vers nous… nous aide à vivre, parfois à supporter un quotidien par trop envahissant, nous propulse vers notre meilleur, plutôt que d’être tiré constamment vers le bas. Il n’y a que des liens ou des signes… et des absences de liens ou de signes… nous souhaitons ces liens et ces signes… nous les espérons, les attendons… cette attente est peut-être le moteur de la littérature, des arts en général… cette prédominance des objets est-elle là pour masquer notre capacité à l’ennui ?

«Y a-t-il encore des voyageurs ? … qui prennent un navire sur lequel ils restent plusieurs semaines voire plusieurs mois et qui font un authentique voyage. Ils contemplent la mer, ils font la connaissance des autres passagers à bord, ils rêvent, ils lisent, ils écrivent, – ce sont il me semble de vrais voyageurs, tandis que ceux qui vont d’un aéroport à un autre se déplacent sur la planète sans jamais faire l’expérience physique des lieux traversés. »

Nous n’avons plus le droit à l’ennui. Ne prenons plus ce droit. Comme si nous n’en avions plus le temps.

« L’homme qui a rêvé du voyage et l’homme qui voyage n’ont rien en commun. Le premier ignore un jour avant le départ qu’il vivra fatalement des heures difficiles : il a la tête farcie d’images toutes merveilleuses. L’homme qui voyage et vit les heures difficiles a perdu ces images et ne voit que les vagues immenses s’élever autour de lui, et n’entend que le vent s’abattre sur le navire et le secouer. »

Se souvenir de l’impératif Lévi-straussien. Mais ne pas en tenir compte. Car, le chemin… importe… suivre, ici, billets après billets,  cheminement de la pensée, les gestes, la parole, la recherche de l’oloé pour lire… commencer à entendre le conteur silencieux au-dessus de l’épaule de l’auteur.

« La poussière, en ce bout du monde, avait plus d’importance que les mots. »

 .

A suivre…

 .

Silence

.

_____________________

Citations :

Des oloé, espaces élastiques où lire où écrire / Anne Savelli. – Editions D-Fictions, 2011. (à télécharger ici), 3,99 €

Aux îles Kerguelen / Georg von Allensteinerweg. – http://auxileskerguelen.blogspot.fr/ depuis le 27 janvier 2013.

Et liens à suivre…

Publicités

Une réflexion sur “Un oloé aux Kerguelen et ailleurs… des web-livres, partout… maintenant…

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s