Brut : considérations autour du jardin…

Brut… premier mot écrit, avant que polir… pas pour faire texte poli ou joli… mais le plus… le plus juste ou le plus… le plus près de ce que l’on veut dire, et si difficile, à mettre en musique. Bruits bruts, c’est-à-dire sauvages, à l’état de nature, non encore domestiqués, encapsulés, étiquetés, tagués. On nous a trop appris à nous séparer de la nature. Pourquoi la culture s’opposerait à la nature ? La barbarie n’est qu’une des pires caractéristiques humaines. Et la nature n’a rien à voir là-dedans. L’humain n’est qu’une composante possible, une aporie permanente, mais en disant cela, on touche encore à notre immodestie profonde. Pourtant, l’éducation est l’une des plus belles inventions humaines. Pourquoi tailler les haies des jardins, tondre la pelouse ou aligner les œillets pour en faire une allée ? Je poserai le banc de pierre ici, et cela irait bien. Mais je pourrai tout aussi bien récupérer dans ce tas de pierres, quelques-unes de ces mal taillées, pour fabriquer mon banc. Je suis jardinier depuis peu et me demande comment devenir transparent. Laisser faire. Tendre vers le baroque ? mais je définirai encore un style ; tendre vers la jungle ? mais je ne pourrai plus y pénétrer. Le jardin est construction intellectuelle comme livre. J’ai des épines dans les doigts à force d’enlever les mauvaises herbes. Je n’ai plus de taches d’encre sur l’index mais des douleurs dans le bras à force de taper sur les vingt-six lettres et quelques du clavier. Et pourquoi j’enlève ces herbes ? Et pourquoi j’enlève ces mots ? A perdu évidemment, le jardin, dans nos contrées, son rôle primaire et efficace, celui de nourrir la famille. Ainsi de même, la littérature ? Les écrivains célébrés des cycliques rentrées littéraires sont comme des clowns aujourd’hui, mais c’est encore trop gentil… pourraient rejoindre les staffs des multinationales… et leurs directions publicitaires… Sont ailleurs désormais  les écrivains d’aujourd’hui, errants entre zéro et un, recherchant leur identité perdue comme l’on met une virgule au chiffre décimal qui s’approche de un mais pas tout à fait. Ecrire brut, comme cela vient, comme une respiration, avec apories et détritus de lettres qui trainent. Apories sont nos matériaux bruts. L’écrivain, zéro virgule quelque chose, est éternel artisan qui, d’incertitudes en incertitudes, apprend son métier comme le compagnon réalisant son tour du monde, et aujourd’hui son tour de web. Défricheur, jardinier… explorateur est trop prétentieux… Chaque mot sur le papier électronique rejoint la jungle du web et les fils où circulent les mots sont comme ces planches que le jardinier pose pour marcher entre les parcelles. Le Web est le jardin de l’écrivain… Et j’aimerai qu’il reste ainsi…

Silence

Faire signe : journal quotidien jubilatoire  en 200 mots ou quelques… : 118

 

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s