L’unique est multitude …

Il n’y a pas besoin de faire des milliers de kilomètres pour contempler un paysage grandiose. Il suffit de s’asseoir sur un banc – celui de chez soi ou celui du jardin public -, de se détendre, puis, lentement de lever la tête vers le ciel, vers le couvercle ou la coupole au-dessus de nous… et de regarder. Ce que l’on y voit : des plaines ou des montagnes, des abysses ou des plafonds. Des blancs, des gris, des bleus, des orangés ou des rouges quand le soleil décroit, et demain, on est certain qu’il fera beau. En contemplant ces paysages sans cesse renouvelés, paysages nomades du sédentaire que nous sommes devenus, on se dit qu’il y en a pour tous les goûts et pour tous les jours. Pour ceux qui aiment la peinture ou la photographie. Ceux qui aiment les tableaux figuratifs découvriront de quoi ravir leur regard interrogateur sur les figures d’albâtre des strato-cumulus ; ceux qui aiment l’abstrait, verront des formes qui les feront rêver sans donner de noms précis à ces objets immatériels : sensations et bien-être du filet d’eau du temps qui se faufilent entre les pierres. Ils y trouveront tout ce qu’ils ont envie. Il suffit de laisser divaguer son regard ou son imagination. De peindre ou de photographier. C’est devenu tellement simple de photographier dorénavant, de conserver mémoire de l’instant qui passe : de le congeler. On retrouvera la photo un jour ou on l’enverra de suite comme cartes postales aux quatre coins du monde sur les milliers de rhizomes qui nous relient désormais. L’unique est multitude, c’est perturbant et il va falloir s’y habituer. De plus en plus souvent, je vois ces ciels au-dessus de moi, qui m’épargnent la fatigue d’un long périple – j’aime bien la figure du nomade mais préfère me tenir ici, et cultiver mon jardin, maintenant ; de plus en plus souvent, je reconnais ces ciels qui ressemblent aux peintures de ces peintres du XIXème : les nabis. Lumière crue, ombres marquées, aplats de couleurs nettes et petits détails que l’on ne voient pas tout de suite. En ce moment, je ne sais pas pourquoi, je tombe de plus en plus souvent sur les peintures de Félix Valloton, peintre suisse, illustrateur de Gourmont, et je me demande pourquoi je n’ai pas remarqué plus tôt ce peintre, qui était là dans les livres que je consulte, mais ne m’attardait pas, un défaut d’attention ? Ce n’était pas le moment. Le goût varie t-il avec l’âge ? Je me demande aujourd’hui comment j’ai pu attendre si longtemps avant de voir vraiment les tableaux de Felix Valloton…. et ainsi se poursuit cette flânerie…

Silence 

Faire signe : journal quotidien jubilatoire  en 200 mots ou quelques… : 111
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2 réflexions sur “L’unique est multitude …

  1. Il est des tableaux peints et offerts par amour à l’être si cher, qui restent « uniques » à jamais.. Ainsi veulent ils l’être, « uniques », pour que l’être aimé sache qu’il l’est aussi.

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