Mélanges et coquillages…

Le monde allait de plus en plus en vite et c’était peut-être pour cela que les écrivains tentaient de le ralentir : en captant signes et traces, en ramassant coquillages sur le sol. Dans la littérature, il y avait eu des époques bien tranchées, romantiques ;  il y avait eu des époques techniciennes pleines de nouveaux romans et de sagas pleurnichardes, d’amour ou de haine, maintenant, de meurtres en série mais les mots avaient continué à filer sur la plage, insatisfaits de ces assemblages, à être bousculés par le ressac sur la page comme coquillages, et sur l’écran désormais, trouvions trainées, passages ou sillons. L’écrivain ne se rendait pas encore compte qu’il n’écrivait plus qu’avec deux item : des zéros et des uns. Cette simplification « barbare ? » était  en fait une chance, une vallée ouverte – s’en rendaient pas toujours  compte les écrivains – simplification qui participait à cette prise de conscience « inconsciente » : assurer la continuité de la vie, garder les marques de nos pas, les traces du chemin sur le long terme, comme hommes avaient toujours agi. Les flux étaient des nouveaux fleuves, des océans conduisant vers de nouvelles terra incognita, pas encore symbolisées sur des cartes ou dans des livres d’histoire de la chose littéraire. Il ne suffisait pas seulement de stocker dans de nouveaux types d’entrepôts,  la mémoire du monde, il fallait aussi en indexer les contenus. Les gazettes spécialisées,  même les plus avant-gardistes, n’en avaient pas conscience, n’en parlaient pas, ne comprenaient pas. La musique et la photographie particulièrement, avaient également accompagné ce mouvement littéraire, dit « numérique » : source rafraichissante jaillie, on ne sait exactement où, ni quand. Ce moment où les écrivains, sans se le dire, avaient commencé à devenir archivistes et bibliothécaires  des signes et des traces.

Silence 
Faire signe : journal quotidien jubilatoire en 200 mots ou quelques… : 100
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3 réflexions sur “Mélanges et coquillages…

  1. Oui, nous parlons bien, ou essayons de parler, des mêmes choses. Il faut avoir déjà vécu et beaucoup lu pour pouvoir dire aux jeunes qu’il n’y a pas de raison de se montrer trop nostalgique d’un passé que nous avons connu, et où l’on prétendait faire table rase d’un passé plus ancien encore.

  2. Ces sources nouvelles ne seraient elles pas de celles que l’on nomme, un peu inconsidérément parfois, « énergies renouvelables »… ? Il me semble qu’une « écologie philosophe de la vie » pourrait passer par le chemin et la mémoire des mots. En prendre grand soin absolument et faire croître, combiner et assembler selon ses désirs. Le seul mot d’ordre serait alors de défier la gravité, comme une règle absolue.. Nous pourrions alors nous envoyer en l’air (l’ère) et en choeur » (coeur)…, sans crainte de détoner ou faire la une des tabloïds : ils n’existeraient plus :) :p

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