Vers la multitude

Je ne dormais plus. Avais atteint la  lisière entre l’ancien et le nouveau monde. Excité. Voyais passer les flux des torrents, rivières ou fleuves qui s’emmêlaient en permanence. On ne distinguait plus l’Amazone de l’Orénoque, le Rhône du Rhin. Il n’y avait plus de temporalité, il n’y avait plus de cours du temps. On ne pouvait plus dormir. Ou debout. Pas longtemps. Comment voulez-vous que les fleuves, rivières ou torrents s’y retrouvent, eux aussi, dans cette nouvelle géographie ? Les cartographes de derrière cette lisière inventaient des nouvelles cartes, mouvantes, qui tenaient compte de cet entremêlement des flux. Aucun chenal ne menait à l’océan. Qui n’existait plus. Tout simplement. Nous étions, et le fleuve, et l’océan. Ça nous convenait. De barques, n’avions pas besoin. On regardait encore les nuages mais c’etait juste pour rêver. Nous ne dormions plus. Gouttes d’eau dans le grand tout. Je fis un pas… 

Silence
Faire signe : journal quotidien jubilatoire en 200 mots ou quelques… : 97
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