Et c’était jour de soleil pourtant…

…lecture des longues phrases de l’écrivain sur la route des Flandres et moi c’était le chemin des Dames et avais eu de la chance la guerre était passée nuages restés me revenaient les échos de Verdun lisant le Bailly et l’attente du soldat Gracq qui dépaysait mon décompte des heures ce n’était plus la même guerre mais c’étaient les mêmes mots j’ai tué tenter d’oublier Blaise dans mon enfance on nous emmenait au cimetière militaire en nous donnant des bonbons mais étais tout de même intéressé mon grand-père en tenue de soldat sur la photographie perdue et je ne sais pas quand je l’ai perdue un jour je l’avais en main et l’autre, plus  il était revenu lui d’autres noms sur le monument aux morts Pasly Aisne n’arrivais pas à oublier ces instants que je n’avais pas vécu est-ce pour cela que les hommes écrivent ou lisent : retrouver la lisière ? des forêts des plaines des vals dorment plus de jeunes soldats mangés par les fourmis le cresson bleu qui est dans salade maintenant et je pensais à Meaulnes la forêt « silhouette obscure dans le contrejour » le poids de mes ancêtres soudain… et c’était jour de soleil pourtant…

Silence
Faire signe : journal quotidien jubilatoire en 200 mots ou quelques… : 96
Phrase en italique extraite de La Route des Flandres de Claude Simon (Gallimard, 1960)
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