Retour de l’épouvantail…

«Un épouvantail est un mannequin, le plus souvent fait d’une armature de bois ou d’osier et recouvert de haillons de manière à ressembler à un être humain, que l’on dresse dans un jardin ou dans un champ pour effrayer les oiseaux et les empêcher ainsi de dévorer les graines et les fruits. Pour les oiseaux, l’épouvantail était tantôt un repoussoir, tantôt un perchoir.» La figure de l’épouvantail est devenue un objet émouvant de nos jardins et de nos esprits. D’un épouvantail, tout le temps, dans ce pays, nous avons besoin. Nous ne nous en rendons plus compte. Il y a des épouvantails un peu pour tout. Mais il en est un, qui  ressort périodiquement, jadis tous les sept ans, maintenant tous les cinq, au moment des échéances dites électorales. Il nous arrange bien cet épouvantail car nous les hommes de bonne volonté, fiers sur nos destriers humanistes, et égalitaires, et fraternitaires, et bla, et bla, et bla, nous combattons la sale figure de l’infâme et ses odeurs nauséabondes qui ont conduit corps par millions dans des fours un peu partout en Europe. De nouveau, la comédie de l’épouvantail va reprendre, côté cour ou côté jardin, c’est moins fatiguant que d’écrire une autre pièce, compréhensible, intelligente et drôle. Et, ceux qui volent le jardin, ce ne sont pas les oiseaux, eux, ils ont le droit, ils volent où ils veulent et se perchent là où ils peuvent. Et si l’on est jardinier, on veut bien qu’ils nous prennent un grain par-ci, un grain par-là. Non, ceux qui volent le jardin, nous mettent un épouvantail devant les yeux, et nous nous excitons, et nous fulminons, et  nous jacassons comme un seul homme : no pasaran ! … pendant ce temps là, l’attention détournée, les voleurs de jardins, petits nains gesticulateurs, nous préparent d’autres Fukushimas tranquillement, se servent abondement des pelletées de dollars et d’euros, gambadent joyeusement avec les bourses du monde, créent des famines nouvelles ou désignent des hommes à la vindicte populaire comme grands profiteurs… Et ils rient de nous voir… si badauds, si penauds… devenus des non-citoyens : des no débats !

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Silence.

Faire signe : journal quotidien jubilatoire en 200 mots ou quelques… : 53

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