Ne sait plus la forme du livre.

Ne sait plus la forme du livre. Et c’est tant mieux. Et c’est une chance. Se concentrer sur le contenu plutôt que sur la boite. Dans l’ancienne forme du livre, celui qui écrit a rassemblé un univers clos dans un coffre. Celui qui lit pouvait s’échapper vers un ailleurs entièrement conçu par lui. Et c’est tant mieux. Et c’est une chance. Dans la nouvelle forme du livre, du moins celle qui ne copie pas l’ancienne forme, celui qui écrit à des moyens nouveaux pour faire liens, guider, engranger nouveaux matériaux à base de sons, de photographies, d’autres textes et agrandir le coffre. Celui qui lit découvre alors une autre dimension qui peut transformer le monde lu et imaginé. Et c’est tant mieux. Et c’est une chance. Qui peut savoir ce qu’il aurait imaginé sans ces nouveaux modes ? Que seraient devenus les territoires de celui qui écrit s’il n’avait eu à sa disposition que lettres seules rassemblées en mots, en phrases, paragraphes ou chapitres ? Les mots qui vont se loger dans nos têtes, où vont-ils, que déterrent-ils ? Celui qui écrit dans la forme nouvelle du livre poursuit sa route sur une nouvelle monture pour déloger ce qui se trouve enfoui dans nos têtes.

 

Silence

 

Faire signe : journal quotidien jubilatoire en 200 mots ou quelques… : 40

 

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Une réflexion sur “Ne sait plus la forme du livre.

  1. ESSAIS pour la liseuse et le lecteur de bonne foy

    Essaie tes songes d’abord

    Sans dessein mais non sans

    cette attention flottante comme disent

    les adeptes de l’inconscient

    Essaie la vitesse et la lenteur

    dans les intermittences de

    cette manière d’écriture

    et de lecture feuilletées

    Sans excès de mémoire

    Sans volonté d’oubli :

    dans l’un et l’autre cas

    on se perd – selon une formule

    qu’à l’instant je transcris –

    Essaie aussi le changement de pied

    Quand ton fragment s’empoisse

    inhabile, labile,

    change d’activité

    De ballade en balade

    promène tes gambades

    Hors de cet essai

    issu d’abord de la main à plume

    sur un petit bout de papier

    qui maintenant

    grâce à la conversion numérique

    s’ouvre à la lecture

    sur l’écran polyphonique…

    pour ce lecteur de bonne foy

    qu’imaginait en sa tourelle

    le prince des Essais

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