Une conscience de singularité

 

Je ne sais pas si on peut écrire sur tout. Je ne sais pas si on peut tout photographier. Ou peindre. Ou dessiner. Ou raconter. Je ne sais pas. Filmer. Dire. Penser. Je cherche. Je sais seulement qu’il faut prendre soin… « Prendre soin, ici, signifie aussi faire attention, et d’abord porter et prendre attention à soi-même, et par la même occasion, aux siens, et aux amis des siens, et donc de proche en proche, à tous : aux autres quels qu’ils soient, et au monde que l’on partage avec eux en sorte que la formation d’une telle attention constitue une conscience d’universalité fondée sur (et profanée par) une conscience de singularité. ». Pour être l’autre, il faut d’abord être soi. Pleinement. Entièrement. Etre l’autre ou un autre n’est donc pas la première urgence. Il faut d’abord être soi. C’est un long chemin. Abattre des murs, des habitudes, des morales qu’on nous a transmises. On revient souvent vers le conforme, parce qu’il est rassurant, parce qu’il ne nous isole pas, que l’on est UN, parmi d’autres animaux sociaux. Qu’il faut s’être confronté à sa solitude, réellement, pour envisager un échange, une possibilité de contact avec celui ou celle qui souhaite vous parler et prendre enfin, soin de soi. « Prendre soin d’un équilibre qui est toujours à la limite du déséquilibre… prendre soin du mouvement »  Alors, l’autre arrive. Presque inéluctablement…

Silence

Faire signe: journal quotidien jubilatoire en 200 mots ou quelques… : 28

 En italique, des extraits de Prendre soin : Tome 1, de la jeunesse et des générations / Stiegler, B. – Flammarion, 2008. – pp. 319-320
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3 réflexions sur “Une conscience de singularité

  1. Lumineuse justesse sur la question de la nécessité de la conscience de soi comme condition à la rencontre et à la reconnaissance de l’autre. Très beau.

  2. Propos plein de bon sens, que l’on n »entend pas » souvent. ..Être soi avant toute chose n’est pas de l’égoïsme. c’est le chemin qu’empreinte tout artiste qui prend donc le risque de vouloir dire « je » un je singulier, impudent à être pas comme mes autres, à interroger sur ce qui va de soit mais pas pour lui, s’interroger sur la norme et par la même être conscient plus que tout de ses propres fragilités et par voie de conséquence celles d’autrui. A l’écoute de « soi » on peut alors être à l’écoute de l’autre.

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