Jour d’hapax

Vingt huit ans, ma rencontre avec l’écrivain catalyseur de la lecture, avec le changement de vie, la fin de la peinture et du dessin, le choix de vivre au milieu des livres. Avec l’écrivain catalyseur, la lecture en archipel et la découverte d’un livre pour l’île déserte : les Mémoires de Giacomo Casanova. L’amoureux de la vie, le sensuel, le contraire du mécanique et sportif Don Juan, personnage frictionnel et fictionnel,  symbole d’une certaine vision du sexe et d’esprits non libérés, vivant la relation à l’autre comme une guerre ou une compétition sportive. Les Don Juan, les frustrés, les non-danseurs. Et le Casanova de Fellini, comme emblème de l’incompréhension du personnage, réel, lui. Il suffit de lire, sans œillères, accueillir cette profusion de l’homme qui ne voyait pas la relation avec les femmes comme une possession ou un tableau de chasse. Juste ces instants de félicité pour entrer en symbiose avec une autre personne, corps et esprit, vivre, lutter contre le tragique de la vie et sa fin inéluctable. Un peu de liberté dans cette vie rigide de conventions et morales transcendentales étouffantes. L’histoire de ma vie de Giacomo : « le grand vivant » comme l’écrivait le grand écrivain catalyseur Blaise Cendrars dans son « Pro domo ». Voir et revoir le si beau film de Luigi Comencini, si beau, si fidèle à l’esprit du personnage parce que scénario écrit par une femme, forcément, les grandes amoureuses. Hommage ce jour d’anniversaire, ce jour d’hapax à ces deux étoiles : Blaise Cendrars et Giacomo Casanova…

Silence

Faire signe: journal quotidien jubilatoire en 200 mots ou quelques… : 15

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3 réflexions sur “Jour d’hapax

  1. CATHA

    je n’ai pas lu une ligne de CASA (super) NOVA
    et je n’accorde aucun crédit à SOL (en) LERS

    mais pour l’HAPAX la félicité mémoire2

    j’actionne ici mon « catalyseur de lecture »

    et d’écriture

    en secouant le kaléidoscope

    du MONDE ENTIER

    de Blaise CENDRARS

    – une de mes balises –

    « Dis Blaise sommes-nous bien loin du Monde Entier au Cœur du Monde ? »

    Si vous ne savez, ni pourquoi ni comment, ouvrir le monde entier et si en plus vous vous croyez fort mauvais poète, lisez Blaise Cendrars avec les yeux, avec la voix, avec votre main amie qui vous reste après la bataille, prenez le train des albatros, prenez les eaux limoneuses de l’Amour charriant les charognes de la peste et du choléra, prenez le train – bien sûr – des escargots, de Novgorod, du grand Christ rouge de la révolution et de Macchu Picchu – qui ne sait plus dans la haute citadelle inca s’il faut avancer ou reculer, ,- allez flâner sur les grands boulevards des xylophones, des linotypes et des chanteurs de charme.

    Et si vous ne savez toujours pas comment, ni pourquoi, rompre les promesses de Frédéric Sauser, né à La-Chaux-de-Fonds et que ses parents destinaient à la bijouterie – ce filou de Blaise – prenez la route pour Dakar, touillant dans la vieille marmite pleine de chocolat et la route pour Panama sur les beaux livres d’images où les titres bancaires se noient toujours dans le crach du Canal, en route pour Lisbonne avec Voltaire dans la poche et tout son tremblement.

    Vous ne subirez pas la déroute promise par l’orgueilleux philosophe de la République, ce Platon qui interdit de cité les poètes, – mais seulement les bons faut-il croire -, car avec Cendrars son bras droit perdu sur une échelle de Chagall, son bras gauche tapant la danse des lettres sur sa machine crépitante – ces arcencieles dissonances -, le secrétaire du bon Socrate n’avait aucune chance d’empêcher le poète de pincer la lyre des vers de circonstance et de chanter ces images discontinues du monde entier, avec ses bigarrures et ses parlures cosmopolites croustillées d’or et d’amour infini de la vie.

    1. « Je ne souffle mot. Je regarde par la fenêtre Venise. Venise. Reflets insolites dans l’eau de la lagune. Micassures et reflets glissants dans les vitrines et sur le parquet en mosaïque de la Bibliothèque Saint-Marc. Le soleil est comme une perle baroque dans la brume plombagine qui se lève derrière les façades des palais du front de l’eau et annonce du mauvais temps au large, crachin, pluies, vents et tempête. Je ne souffle mot. A la place du vaporetto qui passe devant la Dogana Da Mar, appareille une tartane. C’est le 11 novembre 1653… » (Bourlinguer : chapitre 1 – Venise : passager clandestin / Blaise Cendrars)

      Cendrars Venise Casanova 11 novembre…
      Merci pour vos mots Jean Jacques…

      Silence (FQ)

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