attendons levées

« Sais-tu où elles sont ? Viendra ton jardinier, ton poète radicelle ». Tenir ta main. Te conduira où elles sont. Vous en mangerez ensemble. Le monde est jardin. Les tristes le gâchent par leurs néants de pouvoir ou de bêtises, c’est la même chose… N’en n’ont jamais mangés. Nous, en ce jardin, bêchons, plantons, attendons levées, et soleil, et pluies nourricières, et désherbons les mauvaises herbes. Tu prendras l’arrosoir. Moi, la binette. Novembre est venu. Le temps de la bêche. Retournons la Terre. Celle de nos ancêtres. Ici, un jour, il y a longtemps, il n’y avait pas la ville, les routes, et les automobiles. C’était plaine herbue. Ce n’était pas un paradis. Et des troupeaux paissaient, paresseuses bêtes ruminants. N’était pas un jardin d’Eden. Le seul qui existe est celui que nous créons ensemble. Les tristes ne peuvent plus nous le prendre. Ils sont dans le cercle de leurs économies boursières. Dans le vent, sur la Terre, nous bêchons. La motte où l’on réveille l’insecte endormi pour passer l’hiver. Tant pis, retournera vite se terrer, s’enfouir. Pardon. Les dents de la fourche mordent la motte. Tu me dis de continuer. La nuit presque tombée, pourtant. Le feu dans la cheminée, pour notre antre. Fourbus, sauvages, nous rentrons. Ventres appellent chaleurs et nourritures… jamais de gel entre nous… jamais de…

Extrait d’une lettre d’Adam à Eve…

Silence

Faire signe: journal quotidien jubilatoire en 200 mots ou quelques… : 14

Ecrit sur cette musique.

Publicités

Une réflexion sur “attendons levées

  1. un petit pas de côté avec Raymond Que N’eau :

    FEU LE JARDINIER DES VERS

    Quand ça devient trop sérieux

    Tout ça

    Je franchis à nouveau le gué Queneau

    Courant les rues

    Battant la campagne

    Fendant les flots

    L’homme est mort -paraît-il –

    mais son jardin vit

    les vers y font leur semaison

    eux-mêmes

    chacun pousse à sa manière

    poursuivant son cycle scolaire…

    solaire voulais-je dire

    bien que les ardoises des maîtres de la Sorbonne

    ces temps-ci

    oublient carrément la pouaisie

    de ce maître ès ratures et littérature

    Ce drôle d’animal

    qui se reproduit

    ici

    sur cette feuille

    et de son juchoir

    laisse choir

    ce poème brisé

    qui me servira de palet

    pour la marelle de demain

    avec les jeunes retraités

    du coin

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s