en route…

Nous avions pris le chemin de terre, le buissonnier, qui regorgeait de nids d’araignées. Celui qui n’était pas indiqué sur les cartes qui notent le territoire. Comme si quelqu’un avait souhaité effacer ce chemin de traverse. Il n’était pas aisé à trouver ce sentier – pour nous, frêles libellules – éphémères assoiffés de lumières, d’air frais et de découvertes. Nous aimions le monde. Le regarder, y participer, en créer parfois des parcelles. Finalement, ce passage, nous l’avions trouvé, bien décidé à ne plus le quitter. Il y avait le monde, et ces traces qui se dirigeaient vers ailleurs, vers un autre, inexploré. Le grand écrivain italien avait écrit que le monde était comme un artichaut, une épaisseur de strates superposées. Nous en avions mangé, sucé les feuilles jusqu’à la dernière, certaines parfois amères. Nous nous étions racontés cela, les goûts et les saveurs de l’artichaut, et nous parvenions au centre de ce chardon cultivé après en avoir retiré le foin, dernier obstacle vers le cœur, le cœur du monde… Le Je devenait un Nous. Nous découvrions le sens de ce Nous, après des années d’errance sur les routes. La quête qui, solitaire nous menait, perdait son essence. Le cœur de l’artichaut se transformait en un Graal, disponible. Il Nous restait du temps, du réel. Alors, de notre plein gré, nous avons changé de mode et conjugué ce Nous, devenu verbe, au présent de l’indicatif.

Silence

Faire signe : journal quotidien jubilatoire en 200 mots ou quelques… : 3

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