considérait les livres un peu comme des oiseaux

« Pour ses livres, Côme construisit à différentes reprises des sortes de bibliothèques suspendues, qu’il mettait tant bien que mal à l’abri de la pluie et des rongeurs ; il les changeait continuellement de place, selon ses études et ses goûts du moment ; il considérait les livres un peu comme des oiseaux et ne voulait pas les voir immobilisés dans des cages. Sur le plus massif de ces rayonnages aériens, il alignait les tomes de l’Encyclopédie de Diderot et d’Alembert, au fur et à mesure qu’ils lui parvenaient par un libraire de Livourne. Pendant quelque temps, à force de vivre au milieu des livres, il avait eu la tête dans les nuages, quelque peu, et s’était de moins en moins intéressé au monde dans lequel il évoluait ; la lecture de l’Encyclopédie, avec ses beaux articles sur l’Abeille, l’Arbre, le Bois, le Jardin, lui fit porter sur ce qu’il avait autour de lui un regard neuf. Parmi les livres qu’il se faisait envoyer, on vit désormais  figurer des traités techniques, dont un manuel d’arboriculture ; et il brûlait de mettre ses nouvelles connaissances à l’épreuve. »

[Le baron perché / Italo Calvino. – Seuil, 1960. – (Points). – p. 134]

Il y a des livres comme cela, que l’on a plaisir à relire et que l’on partage avec des oiseaux ou des cigognes, par exemple

Silence

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2 réflexions sur “considérait les livres un peu comme des oiseaux

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