la méthode de lecture de l’homme aux notules

 

Le dimanche, tous les dimanches, depuis quelques mois, je suis abonné, par mail, aux notules de Philippe Didion. C’est toujours un plaisir de lecture et celui d’aujourd’hui, recélait une très belle analyse du tome 1  du Journal d’André Gide. Je ne vais pas tout copier de cette analyse, vous la laisserai découvrir entièrement ici (à la date du 21 août), mais je retiens sa méthode de lecture qui est particulièrement adaptée pour les mastondontes de la littérature, ceux pour qui le haïku n’est même pas envisageable ! Voici sa méthode :

« MERCREDI.
                  Lecture. Journal I 1887-1925 (André Gide, Gallimard, bibliothèque de la Pléiade n° 54, 1996, édition établie, présentée et annotée par Eric Marty; 1756 p., 74,70 €).
                  Gros morceau. Et pour venir à bout des gros morceaux, je ne connais que deux méthodes : le morcellement et l’isolement. Le morcellement consiste à cheminer dans le livre de façon durable à raison d’un certain nombre de pages par jour. Cela peut prendre des années, mais rien n’y résiste, à coup de cinquante, vingt, ou dix pages quotidiennes. Une seule suffit parfois, le morcellement tournant alors à l’émiettement : c’est ainsi que j’ai pu lire La Bible, dans deux langues différentes, en un lieu où je ne me rends jamais accompagné. Cette méthode m’a permis de venir à bout du Journal littéraire de Léautaud, de L’Idiot de la famille, des Mémoires d’outre-tombe, de Finnegans Wake et de bien d’autres pavés qui semblent illisibles à première vue. L’isolement, c’est la lecture exclusive en un lieu éloigné et abrité des tentations que peuvent provoquer l’actualité littéraire ou la présence proche d’une bibliothèque ou d’une librairie. Les vacances sont bien sûr propices à cette pratique et comme les vacances constituent mon second métier et ma vocation, elles m’ont au cours des ans permis d’ingurgiter Les Thibault, L’homme sans qualités, les Carnets de notes de Bergounioux et autres pavés considérables. Il n’est pas de livre illisible par sa taille. La littérature, c’est comme le poivre, quand on en achète un pot de cent grammes on pense qu’on n’en verra jamais le fond et pourtant vient le jour où il faut en racheter. Le Journal de Gide, du moins sa première partie car il en reste autant à lire, aura bénéficié de l’isolement creusois que je me suis infligé avec délices pendant deux semaines. Il en restait quelques bribes que je viens de terminer. C’est donc un gros morceau mais il aurait pu être plus gros encore. »

La suite est donc ici et puis, je ne vous dit pas tout, car dans les notules dominicales de Philippe Didion, il y a des éléments qui reviennent tout le temps… à vous de les découvrir. Et à vous abonner si cela vous plaît…

Comme le hasard n’existe pas, une sélection des notules vient de paraître chez Publie.net : les notules dominicales de culture domestique, « soit une sélection faite par l’auteur (245 pages et 430 000 signes, quand même) de six ans (2001-2007) de la lettre rituellement reçue chaque dimanche entre 11h50 et 12h00 par les quelques centaines d’abonnés aux Notules dominicales de la culture domestique. »

Silence

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