Où se cache la gaité ?

Photographie de Delphine Loubatière

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 » Où se cache la gaité ? Au Japon, peut-être. Ailleurs, toujours.  »

( La danse de Nietzsche de Béatrice Commengé. – Gallimard ; L’infini, 1988)

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Contrairement au deuxième principe de la thermodynamique, le peintre, le poète, le photographe ou encore le danseur voudraient que l’énergie mise en place dans une œuvre d’art, dans leurs œuvres d’art, aille du froid vers le chaud, du dispersé vers le concentré et du désordonné vers l’ordonné. Tout en conservant le déséquilibre nécessaire à la marche, déséquilibre qui est la vie même, et contraindre les flux nourriciers qui nous transforment en permanence… maintenir un état de fièvre… entretenu…

 » Les maladies sont. Nous ne les faisons, ni ne les défaisons à volonté. Nous n’en sommes pas maîtres. Elles nous font, nous modèlent. Elles nous ont peut-être créés. Elles sont propres à cet état d’activité qui s’appelle la vie. Elles sont peut-être sa principale activité. Elles sont une des nombreuses manifestations de la matière universelle. Elles sont peut-être la principale manifestation de cette  matière dont nous ne pourrons jamais étudier que les phénomènes de relation et d’analogie. Elles sont un état de santé transitoire, intermédiaire, futur. Elles sont peut-être la santé même « 

Le peintre, le poète, le photographe ou le danseur voudraient guider la marche de leurs vies et parfois, de nos vies, nous, qui écoutons, voyons, lisons, entendons… bref, vivons. Avec fraîcheur, ils veulent constamment comprimer le temps et l’espace, garder une trace ou un éphémère moment de grâce : leurs œuvres, à la fois,  jeux d’imagination pour créer un lien, conserver le dialogue… et paradoxalement, manières de devenir gardiens du désordre.  » Vivre c’est être différent « 

 » Tout bouge, tout vit, tout s’agite, tout se chevauche, tout se rejoint. Les abstractions elles-mêmes sont échevelées et en sueur. Rien n’est immobile. On ne peut pas s’isoler. Tout est activité, activité concentrée, forme. « 

La gaité, alors ? La divine alliée du désordre, divine gaité qui fait que nous respirons… et partageons le même air. Une chance. La santé, même, a dit le poète… Il a rajouté :  » J’aime perdre mon temps. Aujourd’hui, c’est la seule façon d’être libre. « 

Silence

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En dehors de la première phrase, tous les extraits en italique proviennent du Moravagine de Blaise Cendrars, paru chez Grasset, en 1926.

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