dissiper un malentendu

 » Il faut dissiper un malentendu. Nous vivons une époque de criticisme universel. Nous nous imaginons qu’un homme n’est pas un artiste s’il n’est pas immédiatement sensible à toutes les formes de l’art. C’est sans doute vrai de nos jours. Mais c’est alors tant pis pour nous. Notre sensibilité unanime et exaspérée, notre connaissance infaillible de tous les modes de l’activité créatrice dans le passé et le présent ont peut-être bien anéanti en nous cette activité créatrice. La musique et la peinture épaississent autour de nous une atmosphère asphyxiante. Acculée au vide immense dont elle a peuplé les coeurs, l’intelligence pure en est réduite à faire appel aux formes les plus primitives de l’instinct artiste de l’homme, pour rafraîchir et renouveler des émotions devenues exclusivement cérébrales. Peut-être le commencement d’un vertige inconnu des hommes jusqu’ici, un jeu abstrait dans le temps et l’espace, la recherche de subtils et paradoxaux équilibres entre des systèmes d’idées et des rythmes spirituels. « 

(Montaigne / Elie Faure. – Crès, 1926).

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