Promenades autour d’un Oloé

 » Sègre aimait Miléna. L’accent grave, l’accent aigu. Ou l’inverse… « 

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Un Oloé est, selon la définition d’Anne S., un espace ou un endroit Où Lire Où Ecrire. Non loin de Banon où je découvrais aussi un Otloé, en attendant, mon Oloé se trouvait à Simiane-la-rotonde.

Un Otloé est un clin d’oeil à A.S. Un Otloé, c’est-à-dire un espace ou un endroit Où Trouver à Lire Où Ecrire. Celui-là portait le nom d’une fleur, le bleuet et ressemblait à un dédale borgésien. La réputation de cet Otloé n’était pas usurpé. Je flânais deux jours de suite dans ses coins et recoins.

Y cueillait quelques fleurs dont un Voyage vers des noms magnifiques (Finitude, 2009) de Béatrice Commengé. En feuilletant dans la librairie, attiré tout de suite par le premier chapitre, qui nous menait vers Rocken, en Allemagne de l’Est, lieu de la dernière demeure de Friedrich Nietzsche. D’elle, je connaissais le somptueux La danse de Nietzsche, paru en 1988 (Gallimard, L’infini) qui prenait au mot ce que le philosophe avait écrit dans le Gai Savoir :  » Je ne sais rien qu’un philosophe souhaite plus être qu’un bon danseur. Car la danse est son idéal, son art aussi, sa seule piété, enfin : son culte. « 

A l’Oloé, je continuais mon histoire, Le souffle :  » Sègre aimait Miléna. L’accent grave, l’accent aigu. Ou l’inverse… « 

J’intercalais mes lectures, de promenades, de lectures encore et de musique : Ara Batur du groupe islandais Sigur Ros ou Ma fleur des Cinematic Orchestra. Musiques d’équilibre qui m’accompagnent depuis leurs sorties, comme la bande son de mon errance dans ce monde. Mes promenades du jour me menaient vers Le Contadour et Les Frâches où avaient été tournées Crésus de Jean Giono avec Fernandel. A ma gauche, on apercevait le Mont Ventoux. A ma droite, la Montagne de Lure, chère à l’auteur de L’homme qui plantait des arbres. Photographiais des arbres, des fleurs, des champs de lavande et quelques nuages qui passaient par-là, réflexe baudelairien. Plus loin, il y avait le plateau d’Albion. Pensait au peintre qui avait réalisé son premier travail à cause des missiles du plateau d’Albion. Pensais toujours à toutes ces protestations qui paraissaient dérisoires face aux lobbies qui continuaient à créer des Tchernobyl et des Fukhisma. Ne démordaient pas de leur entêtement. Un peu plus tard, je passerais devant un immense champ de panneaux solaires.

Me dirait qu’au XXIIème siècle, d’immenses champs de panneaux solaires ou des centrales solaires d’un nouveau genre auraient remplacés les champs de tournesol et aussi les maudites centrales nucléaires. Je pouvais bien le penser. Danser sur cette idée :

 » Si le danseur doit être solide sur ses jambes, ce n’est pas pour ramper sur le sol, c’est pour mieux prendre son envol. La hauteur d’un saut dépend toujours d’un bon appel : le danseur sera d’autant plus léger dans les airs qu’il aura su se faire lourd sur terre. Pour le danseur, comme pour Zarathoustra, le diable est l’esprit de pesanteur. Voilà ce qu’il exprime avec son corps bondissant ; avec lui, pas besoin de mots. Le poète pourra-t-il jamais en dire autant avec ses rimes et sa musique ? Les phrases peuvent-elles danser ? Oui, si elles chantent la Vie.  » (Béatrice Commengé, La danse de Nietzsche, p. 38)

Le vent dans le ciel bleu m’apportait le chant d’un petit oiseau. Revenais à mes lectures. Pensais au nouveau travail engagé. Prenais photographies à partir de l’Oloé et jouais …

Jouais… Apprenais… le gai savoir… celui que l’on se donne… par son seul désir… celui qui reste…

Ecrivais : «  Sègre aimait Miléna. L’accent grave, l’accent aigu. Ou l’inverse… Et Miléna ne le savait pas « 

Silence

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