aller écouter les arbres… dessiner de mémoire…

 » J’ai décidé d’aller écouter les arbres. Je me suis levé tôt pour découvrir l’oliveraie dans le silence de l’obscurité. La traversée des oliviers au petit matin, avant que la première lumière ne vienne caresser  les feuilles et les teinter d’un éclat vif-argent donne un rythme profond. Chaque tronc qu’il soit effilé ou tortueux, scande mes pas. Ces troncs, encore sombres, ne sont pas des spectres, ils sont au contraire pleins de sève, porteurs d’une promesse de vie, de fruit. Je marche sans m’arrêter. Je ne peux pas encore bien discerner le bouquet que forme chaque grand arbre, mon regard se perd dans un ensemble profus, mais j’avance sans m’inquiéter. La ligne des arbres m’indique le chemin. Après un long moment, emporté par le mouvement régulier de mes pas, je m’arrête. Je sens un battement juste, une mesure que j’ai cherchée longtemps et qui est là, au travers des oliviers. Mesure de l’être, enfouie dans la gangue d’une vaine agitation et d’une suractivité qui permet de se fuir sans jamais se retrouver. « 

(Eloge de la pensée de midi / Thierry Fabre. – Actes Sud, 2007)

Je me suis assis sous les oliviers. Reposé. J’ai pris le carnet et depuis longtemps, je me suis mis à dessiner, de mémoire, le portrait de celle qui est dans les nuages

Silence

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