Aveuglement

 » Avec Fukushima, la donne a changé. Jusqu’ici , on pouvait considérer que le nucléaire était un recours pour nous sortir de l’impasse énergétique. Ce n’est plus possible. Pourquoi ? il est clair qu’il n’y a pas d’accident nucléaire. Un accident, c’est un événement ponctuel, circonscrit dans l’espace et le temps, produisant un changement brusque suivi d’un retour à la normale. Avec le nucléaire, quand on a atteint un certain seuil critique, on ne contrôle plus rien. C’était et c’est encore le cas à Tchernobyl. Cela se reproduit à Fukushima. Voilà un territoire, à proximité d’une mégapole de 35 millions d’habitants, condamné pour une période indéfinie… L’industrie nucléaire exige le risque zéro. Or, c’est impossible. D’autant plus si on la multiplie à l’échelle planétaire. Dans un monde libéral et hautement concurrentiel, on aura toujours tendance à privilégier un rendement immédiat à la sécurité.  » Tsunami  » est un mot japonais, cette zone est fortement sismique, on s’attendait à ce qu’il y ait le fameux Big One, tout cela nous était connu, mais comme ce n’était pas arrivé, on a pensé que cela ne se produirait pas… Günther Anders avait raison. Le nucléaire, c’est la catastrophe programmée, une patate chaude qui provoque de plus en plus de dégâts à mesure qu’elle enfle. Il faut refermer la boîte de Pandore. En sortir, c’est le seul choix raisonnable. »

Dominique Bourg, philosophe. – in le débat durable, entretien avec Luc Ferry. – Philosophie magazine – Mai 2011. (Dossier : Nucléaire : avons-nous perdu la raison ?)

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