La transmission

 

« Transmettre pose en effet la question de la limite entre soi et l’autre ; à l’extrême, comme dans le cas du témoignage, cet acte incite à penser le « soi » comme un « signe » : un signe donné à l’autre, non pas pour qu’il s’en empare et le garde pour soi (ce qui arrive), mais pour qu’il le transmette à son tour. Plutôt que de prendre (illusoirement) pour soi ce qu’il s’agit de transmettre , de le cacher, sous risque de perte de « soi »  dans l’autre, de non-maîtrise du destin de la transmission, il faut donc courir ce risque dès lors que l’on s’engage à transmettre. Transmettre, dans cette optique, n’a rien à voir avec une volonté d’emprise sur autrui, avec un despotisme ou avec un désir d’être admiré pour son savoir ou sa dextérité : autant d’attitudes qui, évidemment, conduisent à l’échec puisque transmettre ne peut, sans contradiction, consister à vouloir que tout s’arrête avec soi ! »

in Transmettre, de génération en génération / Catherine Chalier. – Buchet Chastel, 2008
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