Voir n’est pas toujours comprendre

« L’art  » des aborigènes est d’abord un art de géographes, une technique de représentation des chemins pris par les ancêtres au temps du Rêve. Le dessin est une carte et la carte, le territoire.

Nous, nous y voyons de l’art.

Ce qui fausse tout. Voir n’est pas toujours comprendre.

Bruce Chatwin, dans Le Chant des pistes nous rappelle :

« Les dessins sur le sable faits pour les enfants ne sont que des esquisses ou des « versions autorisées » des véritables dessins représentant les vrais ancêtres, lesquels ne sont réalisés que lors des cérémonies secrètes et ne doivent être vus que par les initiés. Néanmoins c’est grâce à ces esquisses que les jeunes apprennent à s’orienter sur leur terre, à en connaître la mythologie et les ressources.

Il y a quelques années, alors que la violence et l’ivrognerie menaçaient de devenir incontrôlables, un animateur blanc eut l’idée de fournir aux Pintupi du matériel de peinture artistique et de leur proposer de transposer leurs rêves sur la toile.

Il en naquit instantanément une école australienne d’art abstrait.

Le vieux Stan Tjakamarra peignait depuis huit ans. Chaque fois qu’il avait achevé un tableau, il le portait à la Librairie du Désert ; Mrs Lacey en déduisait le prix des matériaux et lui payait comptant une somme forfaitaire. »

 

On pourrait peut-être dire la même chose de « l’art rupestre » des hommes préhistoriques.

Nous, nous y voyons de l’art

Silence

 

 

 

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3 réflexions sur “Voir n’est pas toujours comprendre

  1. quand claire merleau-ponty appelle les aborigènes une nation d’intellectuels elle n’a pas tord , leurs œuvres contemporaines sont plus modernes que celles des modernes ( one sun one moon) et le peintre fred williams a été inspiré d’eux pour comprendre le paysage australien d’une façon moderne non européenne, basée sur la vision duu paysage de le Lorrain comme dirait Coetze ( Fred W est mon dada depuis 1987 ou je l’ai découvert à Londres, les abos dates de mon adolescence une life-long fascination !
    bravo pour ton article – on ne mesure pas a quel point on ne comprend pas les civilisations orales et en particulier celle la terriblement complexe et passionnante , le meilleur livre de Chatwin avec la Patagonie je trouve, enfin je ne connais pas tout

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