Oloé strasbourgeois : photolalie au café Brant

C’est toujours le moment.” J’entends la voix qui m’est chère. Au café Brant, la nuit tombe et bientôt le reflet des enseignes dans les arbres. Les lumières s’allument. Le mobilier rouge, un homme qui vole au plafond, des dessins, des instruments de musique, une hélice sur les murs. J’écoute. Je parle. Je lis. Où Lire Où Ecrire. Etre vivant : être là. On n’est jamais seul au café Brant… Et la ville qui bruisse autour de vous…

Silence

Photolaliques 3 : ce que je vois de mon Oloé…

“Je ne suis pas prisonnier sur cet île bien au contraire, je m’y sens libre, libéré.” (P.M.) Dans mon île, l’oloé d’où je lis, d’où j’écris, suis distrait et puis concentré, de nouveau distrait. C’est le propre ou le principe, la caractéristique des flâneries : la divagation. Demain, le temps sera administratif, ou pas, selon ce que je voudrais accepter. En ce moment, j’ai envie de partir pour Kyoto ? Pourquoi Kyoto ? Mystère… C’est terrible ce virus du départ… ça ressemble de loin à une fuite si l’on regarde rapidement, si l’on n’est pas très attentif mais non, en fait… parce que je pense toujours que la fuite n’en est pas une, mais plutôt fontaine de jouvence. Nomade immobile et baroque. De son Oloé, besoin d’air. Et cela n’a rien à voir avec un nombre administratif de kilomètres entre le point A et le point B. Aujourd’hui, il est encore possible de ne pas s’occuper de la montre et de ses deux aiguilles qui courrent, courrent… des choses indispensables à faire ! Plus envie… depuis un bout de temps… déjà… commence donc une série de photolalies (voir les deux épisodes précédents) prises de l’Oloé, d’où je lis le plus souvent, sous un arbre mort ou presque, complétement recouvert d’un lierre envahissant et squatteur qui crée une tonnelle agréable. Cendrars était capable de citer tous les lieux où il avait habité. Et Pérec, c’était ceux où il avait dormi. Comment faire la liste des lieux où nous avons lu ? Les lieux de la lecture sont mouvants, innombrables… La lecture est un flux, la vie aussi.. et aujourd’hui, lis l’historien qui dit lire un texte qui n’existe pas. C’est extraordinaire quand on y pense que l’on puisse écrire un livre de 375 pages, index fourmillant compris, sur un texte qui n’existe pas. Et moi, de lire cette enigme… entre Cervantès et Shakespeare. Mais, heureusement, pensez-y, ça existe encore. Comme suis optimiste, fondamentalement, politiquement, pense que ça existera toujours : des lieux qui sont à côté, des lieux où lire, où écrire. Commence donc une série… pour projet de mettre des mots sur les photos de la photographe… donc, comprendre un peu ce que c’est que de photographier… moi, avais plutôt l’habitude de voir comme un peintre… même si je ne sais plus bien ce que cela signifie… dans ma jeunesse… une autre histoire. Le flux… L’historien rappelle la malléabilité des textes. Qui copie ? Qui transforme ? Qui peut prétendre avoir le même regard que son frère, l’autre qui est là, à côté de soi ? Chaque regard est unique car chaque chemin est différent… peu importe… ces droits de l’auteur… Auteur ? Nous sommes des voyeurs… qui rêvons trop de transparence. La jungle est par essence baroque.

Tiens, y a une libellule qui passe…

Ainsi finit cette photolalique 3

Silence

Photolaliques 2 : la retenue de deux photographes, Didier Lefèvre et Alain Keler

Didier Lefèvre : “En 1999, j’étais au Kosovo avec un copain, Alain Keler. C’est vraiment un ami très proche que j’aime beaucoup, j’aime sa pratique du métier, sa façon de photographier. Il a fait un beau bouquin sur les minorités que je te montrerai. [Vents d'Est, les minorités dans l'ex-monde communiste / Alain Keler, photographies et Véronique Soulé, textes. - Marval, 2000] On a vécu ensemble des choses très, très émouvantes. Je me revois sur une place de Kukes, au nord de l’Albanie. Arrive au beau milieu de la place une petite voiture, une sorte de Fiat 500 rouge. Tout était gris, avec un ciel bien noir du début de journée, la pluie, cette belle pluie qu’il y a dans les montagnes. De la lumière, mais tout mort et tout gris. Et cette petite bagnole rouge qui traverse la place, comme dans un film italien. Elle s’arrête devant moi. Je fais une première photo de loin, j’avais un film en couleur dans un de mes appareils, et je m’approche. Le conducteur, un jeune homme, descend et entre dans un bâtiment. Un monsieur plus vieux, à la place du passager, me voit et baisse sa vitre. Il m’appelle, il me fait signe de venir. Je lui dis bonjour. Evidemment, je ne comprends rien de ce qu’il me répond. Il se tourne et soulève le monceau de couvertures derrière lui, sur la banquette arrière. Et là, en dessous, il y a sa femme, morte. Le jeune homme revient. Je ne sais plus dans quelle langue, il me dit qu’elle est morte depuis trois jours et qu’ils ne savent pas quoi en faire. Ils viennent de fuir le Kosovo, ce sont des réfugiés, ils n’ont pas voulu la laisser au bord de la route et ils la trimballent dans la voiture. Ils ne sont pas en larmes, hein ? Simplement exténués. Le jeune me dit : “C’est ma mère, elle commence à sentir mauvais, je ne peux pas l’abandonner dans un fossé, personne ne nous dit quoi en faire ?” Alain était un peu plus loin, je leur fais signe de ne pas bouger et je vais le chercher, je lui explique. Il me dit : “Il faut trouver l’hôpital.” On n’avait pas de voiture, nous, alors on va à pied, on cherche, on se renseigne. En tant que journalistes, on savait qu’on obtiendrait des renseignements plus vite qu’eux, qui débarquaient, épuisés, choqués et qui ne comprenaient rien à rien. Parce qu’il y avait des réfugiés dans tous les sens, des Albanais qui aidaient, des Albanais qui profitaient de la situation, des ONG, c’était un bordel effroyable. Nous, journalistes, on avait une sorte d’autorité, on pouvait traverser des files d’attente pour aller voir un type qui avait un logo, par exemple, et lui demander. Donc, on fait ça et on finit par localiser l’hôpital, la morgue de l’hôpital. On retourne auprès du père et du fils et on leur indique le chemin, c’est par là, par là, par là, et pendant qu’ils y vont en voiture, nous, on coupe à pied, en courant. Finalement, on arrive à l’hôpital en même temps qu’eux. Je me rappelle très bien qu’on a obligé le type de l’hôpital à ouvrir la morgue. Il a appelé le directeur qui n’était pas là, parce que c’était un dimanche matin. La morgue était pleine et on insiste, on dit au type : “Il faut prendre le corps.” On l’a un peu coincé, il n’osait pas dire non, on l’a convaincu. Il n’y avait pas à tortiller. On ressort au moment où le père et le dils sont en train d’essayer de sortir la mère. Pas facile de sortir un cadavre de l’arrière d’une si petite voiture avec seulement deux portes. Finalement, le type de la morgue vient avec un brancard et, sous le regard du père, c’est lui qui sort le corps avec le fils. Alain et moi on était en retrait, on avait fait ce qu’on avait à faire, et tout d’un coup on réalisé qu’on est devant une scène à photographier, la petite voiture, les gens qui sortent le corps, le mari, et on se dit : “On fait les photos ? Oui, non, j’ose pas…” et finalement, on commence à faire des photos. Les miennes ne sont pas bonnes, j’en ai tirées, je te les montrerai à l’occasion. Alain en a une très belle, il a réussi à trouver le petit moment. On en a fait deux, trois, puis on a arrêté. Tu vois, en l’espace de cinq secondes, on s’était posé toutes les questions essentielles, Alain et moi. On s’était posé la question de savoir si on devait faire les photos, on s’était dit à chacun qu’on n’osait pas les faire et on s’était convaincu qu’il fallait qu’on les fasse. Et on a fait les photos.”

Emmanuel Guibert : “A une certaine distance, j’imagine. Vous n’êtes pas allés sous leur nez.”

Didier Lefèvre : ” Non non non. On était sur les marches, à cinq ou dix mètres. Il était hors de question qu’on se précipite en se bousculant. D’abord, on n’était que deux, on ne se serait pas bousculés, mais enfin, ce n’était vraiment pas notre état d’esprit. On connaissait ces gens depuis une petite heure, on les avait aidés, on avait fait ce boulot, entre guillemets, qui n’était pas le nôtre, mais qui était le boulot de tout être humain qui se serait trouvé là. Et force est de constater qu’on avait des réticences à faire notre métier de photographe. D’ailleurs, on n’a guère été professionnels sur ce coup-là, on n’a pas cherché l’angle, on est restés où on était. On a peut-être fait un pas ou deux, par une sorte d’instinct, pour enlever du cadre un arbre ou un truc qui gênait, mais c’est tout. Il faut dire que ce que je te décortique là s’est passé en quinze secondes à tout casser.”

Emmanuel Guibert : “La preuve, c’est que tu n’es pas très content du résultat, toi.”

Didier Lefèvre : “Voilà. Alain a une bonne photo, que je te montrerai quand tu viendras à la maison, parce qu’il l’a mise dans son livre. Et je te montrerai la mienne, faite à deux pas de lui. Et puis bon, on n’a pas insisté. On a dit au revoir à ces gens, ils sont entrés dans la morgue et on ne les a pas suivis.”

(Conversations avec le Photographe / Emmanuel Guibert, Didier Lefèvre, Frédéric Lemercier. – Dupuis (Aire Libre), 2009.)

 

J’aime dans cette histoire : la retenue de ces deux photographes, Didier Lefèvre et Alain Keler, et surtout leur humanité. L’humain qui passe avant le professionnel. La non-recherche du sensationnel à tout prix.

Cette photolalie là, n’a donc pas été faite avec le dessein d’en faire une, mais par hasard, on le comprend bien en écoutant le récit de Didier Lefèvre. Et c’est par  le hasard de sa publication dans ce merveilleux livre d’entretien entre Didier Lefèvre et Emmanuel Guibert : conversations avec le Photographe (voir ce billet)  que cette photolalie existe.

M’enchante, ces échos entre photographies qui transforment le simple cadre unique d’une photo en une narration à la manière d’une bande dessinée, art de la narration graphique par excellence. Et que justement, Emmanuel Guibert, Didier Lefèvre et Frédéric Lemercier ont su si bien explorer dans Le Photographe, cette bande dessinée mêlant habilement dessins, photographies, récit et… non-dit.

Le non-dit, cette principale qualité d’une oeuvre… le non-dit ou le suggéré… le non point sur le i… cela qui nous plait… cet espace de liberté… “Vivre c’est passer d’un espace à un autre, en essayant le plus possible de ne pas se cogner” (G. Pérec, espèces d’espaces)

Entre les (ces) deux photos, entre deux photographies d’une photolalie, une caractéristique indispensable : un espace, un écart ou une marge. La marge. Semblable au blanc entre les cases de la bande dessinée. L’espace entre les cadres, lieu où s’écoule le temps… Ici, le temps de sortir le corps mort de la mère de la petite voiture.

J’aime aussi ce discours autour des photographies. C’est pourquoi je recopie ce long passage précédemment… Raconter… Faire écho… justement

Un livre de photographies ne devrait-il pas contenir le récit de l’histoire de la prise de vue, racontée par le photographe lui-même ?  Par histoire de la prise de vue, je n’entends pas les aspects techniques de la photographie, cela, normalement, on le voit et l’on se moque de la vitesse de déclenchement de l’obturateur. Sauf si cela fait sens. Le New York de William Klein est à cet égard, un repère. Du moins, sa réédition de 1995 (Marval), revue, augmentée et commentée.  J’adore les commentaires de Klein sur ses photos qui peuvent être longs ou très succincts : “110-111 : No comment. 112-113 : Idem“.

 Ces histoires autour des photographies permettent de sortir de la profusion et aussi de la banalité des images du monde. Mais c’est une autre histoire…pour plus tard…

Ainsi finit cette photolalique 2…

A suivre…

ReVoir la photolalique 1 : naissance

Silence

Pour aller plus loin… 
Lire Le photographe d’Emmanuel Guibert, Didier Lefèvre et frédéric Lemercier (Dupuis) Indispensable !
et Des nouvelles d’Alain d’Emmanuel Guibert et Alain Keler (Les arênes – revue XXI)
et aussi Conversations avec le Photographe d’Emmanuel Guibert et Didier Lefèvre (Dupuis)
et encore Voyages en Afghanistan : le pays des citrons doux et des oranges amères par Didier Lefèvre (Editions Ouest-France) complément indispensable paru la même année que le tome 1 du Photographe (2003)
évidemment le New York par William Klein (Marval, 1995) Première édition en 1956. Lire aussi ceci.
Voir des photographies d’ Alain Keler et de Didier Lefèvre chez Image and co.
De nouveau lire ou rêver : Espèces d’espaces de Georges Pérec (Galilée)
A défaut de clap de fin, voici un CLIN D’OEIL : n’oubliez pas que les bibliothèques publiques, municipales, universitaires… possèdent souvent ces ouvrages parfois très chers à acquérir… qu’elles vous les prêtent, ses livres, ses musiques, ses films… et que plus en plus d’entre elles, vous permettent de dialoguer ou d’écrire sur leurs sites web pour partager vos lectures… A vous de voir…

Photolaliques 1 : naissance

Dans La photographie est interminable : entretiens avec Gilles Mora, parue au Seuil en 2007,  Denis Roche écrit, page 89 :J’appelle photolalie cet écho muet, ce murmure de conversation tue qui surgit entre deux photographies, très au-delà du simple vis-à-vis thématique ou graphique.Dès 1988 – dans un livre tiré seulement à 300 exemplaires et qui mériterait une réimpression – Photolalies, il donnait cette définition de ce néologisme si chantant, sans doute inspiré par le terme écholalie soit cette tendance spontanée à répéter systématiquement tout ou une partie des phrases, habituellement de l’interlocuteur, en guise de réponse verbale. L’étymologie du terme provient du grec écho (εχο) – “écho” ou “répéter”[1] et lalie (λαλο) – “langage”.

Quelle jolie trouvaille que ce Photolalie pour expliquer le dialogue entre deux photos. Evidemment, Denis Roche ne s’est pas contenté de rêver et de définir un mot. Photographe, il a… photographié. Tenter de montrer ce qu’il entendait par cet écho entre deux photos.

Un des plus bel exemple est cette photolalie de 1989 à Trinidad. Deux photographies prisent à très peu de temps d’intervalle et qui se repondent par miracle, graphiquement. Cette part de hasard qui existe toujours en art, dans n’importe quel art et quel que soit le degré technique atteint. Pour le photographe et l’homme qu’il est, le lieu et les deux photos lui évoquent son parcours, son enfance et sa vie actuelle, même s’il dit qu’il ne raconte pas sa vie dans ses photos. On n’est pas obligé de le croire. Ecoutons ce qu’il dit  :

” Un après-midi parmi d’autres, alors que Françoise s’était endormie sur le lit de cette étroite chambre anonyme, j’errais sur le balcon, pris d’angoisse et de mélancolie, face au paysage inchangé de mon enfance : la dégringolade des buissons en dessous de moi, quelques ressauts rocheux sans intérêt, puis assez loin, cette mer dans laquelle je m’étais si souvent baigné autrefois, avec au large les derricks de la Standard Oil. Les mêmes buissons, la même herbe coupante, les mêmes arbres rabougris, les mêmes rochers, l’absence de plage, la ligne noire de la côte vénezuélienne, aucune construction, même pas une cabane de pêcheur : rien ne séparait l’enfant heureux que j’avais été de l’homme de cinquante ans immobile sur ce balcon, face à l’abîme du temps congelé. Alors, quand même, je me suis dit que je devais prendre une photo de ce paysage, que c’était sans aucun doute le seul endroit inchangé de ma vie, que je ne pouvais pas le perdre une seconde fois. J’ai saisi mon appareil photo, j’ai cadré l’inchangé et j’ai déclenché. Et dans l’instant où je me disais : “Voilà, j’ai photographié le paradis de mon enfance“, je me suis retourné vers l’intérieur de la chambre, j’ai vu le corps nu de Françoise allongé sur le lit et j’ai déclenché une deuxième fois en me disant : “Et voici mon paradis d’aujourd’hui“” (p. 61)

J’aime dans cette histoire : cette ellipse de temps entre deux photographies qui peuvent ne rien à voir entre elles…  si on ne connaît pas leur aventure. Passé et présent qui s’interpénètrent… et, ici et maintenant, quand le photographe s’amuse… à fixer l’inchangé… la photographie qui est le lieu de l’inchangé… Pour nous, les observateurs : ” La photographie est toujours ce qui a éténous dit Barthes (La chambre claire). Pas tout à fait, donc. Les photolalies sont là pour le contredire. Et toujours ce mot de mélancolie, que l’on rencontre dès que l’on lit Denis Roche. Mot de mélancolie associé à la photographie. Il écrit ailleurs :La photographie est la rencontre d’un temps qui passe sans s’arrêter et d’un temps qui ne passe pas, qui ne ressemble à rien parce qu’il ne nous appartient ni de le matérialiser ni de le commenter. Du premier, nous ne sommes jamais que le sable et le solde, du second, nous ne sommes que la transparence.” (Le boîtier de mélancolie, 1999.)

Inéluctable. Fuite du temps. Apparition-disparition. Autre jeu… autre écho… amoureux… si j’osais… autres je…

“Retournons, si vous le voulez bien, aux images : en 1975, par exemple, au Sri Lanka, devant la rest-house de Negombo, dans le Nord de l’île. Il faisait beaucoup de vent et ça se voit sur les deux photos que j’y ai prise, deux autoportraits d’un genre un peu particulier puisque sur l’une des deux images on me voit de dos marchant assez loin vers la rotonde d’entrée du bâtiment (on dirait une villa du Vésinet) alors que sur l’autre je suis absent – Françoise étant prise de dos sur les deux, tournée elle assi vers le bâtiment, me regardant quand j’y suis, et ne me voyant pas quand je n’y suis pas. Il y a là comme une sorte de mise en demeure de mon existence, une indécence de l’être, dirais-je, qui signe asse fortement la charge de ma conception du travail autobiographique, une charge très intense qui pèse toujours sur moi au moment de cadrer et de déclencher (l’invraisemblable de l’être ?) dès lors qu’il s’agit de la mise en scène de ma personne physique.” (p. 98)

 

Quand il commente la photographie du daguerréotypiste Choiselat dans son laboratoire :Plus on pose pour soi-même et plus c’est cette expression que nous mettrons sur notre visage, plus c’est ce maintien que nous penserons adéquat, plus nous déciderons de la bonne distance à laquelle nous devons nous placer…[...] Le problème de la Beauté s’est déplacé une fois pour toutes avec la première fenêtre ouverte par le premier photographe [Nicéphore Niepce]. Et s’il y a eu condamnation, oui alors c’est que l’un comme l’autre, le photographe comme son sujet, sont appelés à demeurer définitivement dans ce que Poe appelait l’habitacle de mélancolie“… (Le boîtier de mélancolie, 1999.)

Ainsi finit cette première photolalique… A suivre, une photolalique 2 : la retenue de deux photographes, Didier Lefèvre et Alain Keler…

Silence