Le craquement d’un morceau de bois…

Le repos était propice à la méditation, les souvenirs refluaient. Ce que nous aimions : la promenade dans le jardin botanique. Faire tours et détours entre rocailles et serres, prendre photos, aller et venir, prendre petits chemins sous les arbres. Les nénuphars envahissaient le bassin de leurs fleurs, ou blanches, ou roses. Des petits canetons suivaient maladroitement leur mère, pas encore habitués à voguer avec grâce et dextérité. Nous, notre chemin finissait toujours sur le banc sous le gingko biloba centenaire : l’arbre aux quarante écus. Ses ancêtres apparus il y a plus de 270 millions d’années. Cela en imposait. Je me reposais, lisais. Quelle autre meilleure manière pour se reposer que de prendre un livre aimé ? « De l’autre côté du pont, il y a un cerisier que j’aime. On le voit d’ici aussi : n’est-ce pas celui-là ? Ses doubles fleurs pourpres étaient d’une extrême beauté. C’était un arbre célèbre. Les branches retombaient à la manière de celles du saule pleureur, puis se déployaient largement. Lorsqu’ils furent sous l’arbre, une brise imperceptible dispersa des pétales aux pieds de Chieko, sur ses épaules. » Sur les bords du bassin aux nénuphars, il y avait aussi un saule pleureur et mille reflets. « Le bonheur ne se reflète-t-il pas, comme la jeunesse ? » A l’automne, le jardin changerait ses couleurs, les belles feuilles en éventail du gingko se doreraient comme un miroir renvoyant les rayons du soleil. Nous resterions dessous longtemps, apaisés, écoutant ici, le chant de l’oiseau ; là, le craquement d’un morceau de bois… L’éternité nous était acquise. Sous la protection de l’arbre centenaire, nous ne bougerions plus.  Les feuilles d’or  commenceraient de tomber tranquillement,   jusqu’à nous recouvrir, nous, souriant… calmes…

En italique, les mots de Yasunari Kawabata : Kyoto (Albin Michel, 1971)

262 mots

Silence

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En italique, les mots de Yasunari Kawabata : Kyoto (Albin Michel, 1971)

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